En enseignant en Gambie, Abdul Conteh, originaire du Sierra Leone, a découvert sur le terrain les limitations inhérentes au statut de migrant(e).

« Lorsque vous n’êtes pas originaire de Gambie, enseigner dans ce pays va de pair avec toute une série de problèmes. J’enseigne depuis six ans dans les écoles secondaires du pays. La raison principale de mon départ en Gambie était de rendre visite à des amis. J’ai réalisé par la suite que le salaire du personnel enseignant était plus attrayant que dans mon pays, le Sierra Leone. Cela m’a incité à rester et à enseigner là-bas.

Dans la plupart des écoles, les relations entre le personnel enseignant gambien et étranger sont cordiales. La direction veille à maintenir un environnement professionnel serein et amical pour l’ensemble du personnel enseignant, quelle que soit son origine.

Ce sont principalement les effectifs étrangers enseignant dans les écoles publiques qui rencontrent le plus de problèmes. Ils sont soumis à des limitations en termes de rémunérations et à un plafonnement inférieur des salaires par rapport à l’échelle salariale appliquée aux autres employé(e)s de la fonction publique, qui s’étend de 8,1 à 10,8 pour l’ensemble du personnel enseignant qualifié et diplômé. Le personnel étranger enseignant dans les écoles publiques ne pourra atteindre que l’échelon 8,8. Cette situation implique que les effectifs étrangers ne pourront jamais occuper un poste de direction dans les écoles publiques, quelles que soient leur qualification ou expérience professionnelle. [Si vous êtes enseignant migrant en Gambie], il ne vous reste que deux possibilités : soit accepter la situation, soit abandonner votre poste. Mais la passion pour la profession et les enfants donnent le courage d’accepter la situation. »