A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, Gloria Ihirwe Ntakirutinka, jeune réfugiée rwandaise poursuivant des études supérieures au Sénégal, fait part de son expérience et de son combat en faveur de l’accès à l’enseignement supérieur pour les réfugié(e)s. 

Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Pourquoi avez-vous décidé de militer en  faveur de l’éducation des réfugiés ?

Je me nomme Ihirwe, j'ai 21 ans et je suis étudiante en troisième année de droit public. J’ai  grandi dans une famille qui a trouvé refuge dans un pays d’Afrique de l’Ouest après avoir fui le génocide rwandais. Ce pays –le Togo – fut celui qui me vit grandir. En grandissant je voyais mes parents - surtout ma mère - qui travaillaient très dur pour subvenir à nos besoins. Devenue plus grande, comprenant mon statut de réfugiée et la situation de ma famille qui avait tout perdu, je compris qu’une seule chose pouvait m’aider à atteindre mes objectifs : l’éducation. 

Quel a été votre parcours afin de poursuivre vos études dans l’enseignement supérieur ?

Après l’obtention du baccalauréat, j’étais désemparée car je savais que mes parents ne seraient pas en mesure de payer mes études supérieures qui s’avéraient très chères. Quelle ne fut pas ma joie lorsque je fus sélectionnée, après avoir déposé une candidature à une bourse d’excellence du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés me permettant de poursuivre mes études pour la durée d’une licence au Sénégal. Alors que je suis en train d’effectuer ma dernière année de licence, je continue de rechercher une bourse pour effectuer un master l’année prochaine car la bourse dont je bénéficie actuellement ne prend pas en charge les études de second cycle. 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été et êtes confrontée en tant que réfugiée, pour accéder à des études supérieures?

Trouver une bourse n’est pas facile la plupart du temps car dans nos pays d'asile, nous n'avons pas accès aux bourses des nationaux alors que normalement nous devrions être traités comme des nationaux. Par ailleurs, l’accès à des bourses étrangères peut s’avérer difficile à cause de nos titres de voyage qui parfois paralysent l'avancée du dossier. Sans bourse, faute de moyens financiers de nos familles, il est très difficile d’accéder à l’enseignement supérieur. 

Que signifie pouvoir accéder à l’enseignement supérieur pour un(e) jeune réfugié(e) ?

Parfois, les réfugiés sont victimes de xénophobie car ils sont perçus comme des personnes incapables qui vivent aux crochets de la société. Or, à travers l’accès à l’éducation, c’est précisément notre autonomie, notamment financière, que nous recherchons car nous voulons sortir nos familles de la misère et être de vraies aides pour nos parents qui se sont donnés corps et âmes pour nous offrir un futur. 

Quel message souhaitez-vous délivrer à ce sujet en cette journée mondiale consacrée aux réfugiés ?

Je dirais que la plus belle chose à offrir à toute personne est l’éducation, mais pour des personnes qui ont tout perdu, c’est plus que cela, c’est leur offrir l' opportunité de bâtir leur vie, l'éducation est comme une main forte ou encore une voix rassurante qui te murmure à l'oreille que « tout peut être reconstruit en partant de rien » et cela te pousse à espérer que tout ira pour le mieux. 

Le système semble parfois oublier les jeunes refugiés, filles comme garçons, qui luttent pour construire une vie, pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour l’ensemble de la communauté. Nous aimerions avoir les mêmes chances d'accès à l’éducation que les nationaux , nous  aimerons aussi une reconnaissance de nos titres de voyage car parfois même avec un bon dossier, on se voit refuser un visa. 

« A défaut d’éducation et de qualifications nous permettant de bâtir notre futur, nous sommes condamnés à espérer l’aide de la communauté. Or, si l’on avait eu en temps voulu, l’opportunité d’étudier comme les autres, nous pourrions changer le monde, c’est à dire nous-même, nos familles, la communauté et apporter notre pierre à l’édifice », voilà ce que dirait cette jeunesse laissée sur le bord de la route et qui se retrouvera contre son gré à la charge de tous, si rien ne change.

La conférence « Esperienze e proposte per l’apprendimento dell’Italiano L2 nelle classi multilingue e multiculturali », qui s’est tenue à Castellammare del Golfo le 30 mai 2018 a réuni 80 participants pour discuter de leurs expériences et de propositions visant à améliorer l’éducation des nouveaux arrivants, en particulier concernant l’apprentissage de l’italien en tant que deuxième langue dans des classes multilingues et multiculturelles.

Les résultats et les produits (cours de langue en ligne) du projet « Una lingua per il lavoro » [Une langue pour travailler], mené avec le soutien financier du Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI 2014-2020), ont notamment été présentés. Grâce à ce projet, le Centre de formation des adultes de Trapani s’est associé à des acteurs locaux (Istituto Comprensivo S. Bagolino et deux associations) pour développer des cours de langue spécialisés, associés à des modules de formation professionnelle initiale, en s’appuyant sur des activités lancées en 2016-2017 avec le soutien de l’Internationale de l’Éducation et IRASE-UIL Scuola. 

Des représentants de l’université Ca’ Foscari de Venise et de l’université de Palerme ont échangé leurs expériences en matière de ciblage des femmes migrantes et de développement de modules de formation linguistique dans la langue maternelle des migrants.

Sonia Grigt, auteur de « Le voyage de l’espoir : l’éducation des enfants réfugiés et non accompagnés » [The Journey of Hope: Education for refugee and unaccompanied children in Italy], a présenté les résultats ainsi que les recommandations formulées par l’Internationale de l’Éducation sur l’éducation des réfugiés tant au niveau national qu’européen, en s’appuyant sur les activités menées avec des affiliés de toute l’Europe et d’Italie depuis 2016. Elle a notamment insisté sur les différents aspects de l’inclusion dans l’éducation, sur les mesures nécessaires en plus des cours de langue intensifs et sur la nécessité de coordonner les différents acteurs concernés en la matière (autorités locales, centres d’hébergement, etc.), de diffuser et de systématiser les meilleures pratiques élaborées au niveau local et, enfin, de concevoir des mécanismes de financement prévisibles et durables pour les écoles et les établissements d’enseignement afin d’être en mesure de développer des stratégies d’intégration exhaustives et à long terme. Des exemplaires du rapport de l’IE ont été remis aux principales parties concernées présentes à la conférence.

Mandy Manning, professeur d'anglais et de mathématiques, membre de la NEA, membre du comité exécutif de la Spokane Education Association, a été nommée Professeur de l'année 2018 aux États-Unis par le CCSSO (Council of Chief School State Officers – Conseil des agents publics qui dirigent des établissements scolaires du primaire et du secondaire).
 
Elle enseigne depuis sept ans au Centre pour nouveaux arrivants de l'école secondaire Joel E. Ferris, où les étudiants viennent de diverses régions et pays: Syrie, Chuuk, Irak, Afghanistan, Guatemala, Myanmar, Soudan, Mexique et Tanzanie. Son approche de l'enseignement pour les nouveaux arrivants va bien au-delà du succès scolaire des élèves. Considérant le climat politique hostile et la peur et l'anxiété que les nouveaux arrivants peuvent éprouver en conséquence, elle souligne l'importance de «les aider à comprendre les événements actuels, connaître leurs droits et offrir un environnement sûr et accueillant». Selon le Directeur exécutif du CCSSO, Mandy Manning incarne «le dévouement et l’approche (...) que mérite chaque étudiant de ce pays».
 
S'appuyant sur des expériences d'enseignement dans différents pays du monde, Mandy Manning privilégie une perspective globale dans son enseignement, et une approche centrée sur l'étudiant. Au cours de cette année, elle veut «engager la nation dans une conversation sur la façon dont nous pouvons encourager les élèves à faire l'expérience de choses hors de leur compréhension» et «inspirer les éducateurs et les élèves à voir le potentiel de chaque voix et les possibilités de chaque classe».
 
Mandy Manning est également profondément impliquée dans son syndicat, au niveau local comme au niveau de l’Etat. La Présidente de la National Education Association, Lily Eskelsen García, l'a qualifiée d '«exemple éclatant de la façon dont les enseignants transforment la vie quotidienne de leurs élèves, les mobilisent et suscitent auprès d’eux l'enthousiasme pour l'apprentissage… Mandy ne voit pas de barrières, elle ne voit que des ponts.»
 
 

Depuis ce jour et jusqu’au 11 mai 2018, la Rapporteure spéciale de l’ONU sur le racisme Tendayi Achiume effectue une visite officielle au Royaume-Uni. Le bureau du Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a d’ores et déjà annoncé qu’elle axerait sa mission sur l’impact du vote du Brexit sur l’égalité raciale dans le pays.

Dans le cadre de cette mission, l’experte effectuera une visite à Londres et à Belfast ; elle prévoit de s’intéresser spécialement aux formes structurelles de discrimination et d’exclusion susceptibles d’avoir été exacerbées par le Brexit, en particulier « la discrimination et l’intolérance xénophobes visant les réfugiés, les migrants et même les minorités raciales, religieuses et ethniques britanniques ». Elle analysera à cet effet les obstacles qui entravent l’exercice de leurs droits économiques et socio-politiques.

Une conférence de presse sera organisée au terme de sa visite, le 11 mai 2018, afin de dresser un bilan préliminaire de la situation au Royaume-Uni. Elle en dressera un rapport complet lors de la séance de juin 2019 du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Les organisations britanniques membres de l’Internationale de l'Education se sont particulièrement investies dans la lutte contre le racisme dans les écoles et la promotion des droits des migrant(e)s et des réfugié(e)s, notamment le droit à un enseignement public de qualité. Vous trouverez de plus amples informations concernant les activités et les ressources mises en œuvre par les syndicats de l’éducation au Royaume-Uni sous la section “Outils pour l'éducation des réfugié(e)s".

 

Le système scolaire de Brême prévoit que la majorité des jeunes réfugiés âgés de plus de 16 ans et qui arrivent à Brême soient scolarisés dans des écoles professionnelles. Là, ils ont deux ans pour obtenir un BBR (Berufsbildungsreife, qualification professionnelle), ou un EBBR (Erweiterte Berufsbildungsreife, qualification professionnelle avancée). Pendant cette période, les étudiants doivent non seulement atteindre le niveau de compétences linguistiques B1, mais aussi suivre une formation spécialisée.

Le syndicat GEW affirme que l’inscription et l’achèvement de la formation professionnelle doivent se faire avec souplesse, en particulier pour les jeunes réfugiés. « Il est utopique de penser que la majorité des jeunes qui viennent d’arriver en Allemagne vont, en deux ans, acquérir la qualification de formation professionnelle avancée et les compétences linguistiques en allemand au niveau B1 », d’après Ina von Boetticher, porte-parole du conseil d’administration de GEW.

Malgré leur motivation, les adolescents réfugiés n’ont que deux ans pour rattraper les neuf années de scolarité précédente, dans des classes souvent très hétérogènes. Peu d’étudiants parviennent à atteindre le niveau de compétences linguistiques requis (B1) en deux ans. C’est pourquoi, dans de nombreuses écoles professionnelles, des arrangements informels sont mis en place et les jeunes ont la possibilité de redoubler la dernière année scolaire. Le syndicat considère que le fait d’offrir aux étudiants une troisième année n’est qu’une première étape en termes de soutien supplémentaire nécessaire pour accompagner ces jeunes ayant des besoins éducatifs spécifiques. « L’intégration nécessite suffisamment de temps et de ressources. Les commissions scolaires doivent agir en temps opportun pour soulager les enseignants dans les écoles et offrir aux jeunes une éducation et des perspectives de carrière. Permettre une troisième année scolaire pour les adolescents n’est qu’un début », selon Ina von Boetticher. 

A l’occasion de la journée mondiale des travailleurs, le syndicat et l’organisation de la société civile Flüchtlingsrat ont publié un communiqué de presse conjoint à ce sujet (en anglais). 

Vous pouvez en apprendre davantage sur les positions de GEW à propos de l’éducation des réfugiés dans le communiqué de presse suivant (en allemand).