Le National Education Union (NEU) a publié une série de ressources pour soutenir les écoles accueillant des enfants réfugiés. 

Le syndicat a publié sur son site Web une série de courts-métrages dans lesquels des enfants et des jeunes réfugiés détaillent l’expérience qu’ils/elles ont vécue à leur arrivée dans une école au Royaume-Uni. Les clips sont accompagnés de notes destinées à la formation du personnel.

Les clips, classés en trois catégories, abordent chacun un aspect spécifique de l'intégration des élèves nouvellement arrivés à l'école. 

  • Inclusion : « Stand by their side »; « Everyone says "Salaam" even the teachers »; « Let your feelings out »;
  • Entrer dans le système d’enseignement britannique : « A trusted pupil showed me around »; « Everything is possible » ;
  • Être un élève réfugié : « I really like learning »; « Just stay strong ».

Les notes de formation ont pour but de donner aux personnels de l'éducation la possibilité de réfléchir sur les bonnes pratiques dans leur école/environnement/collège et d’envisager collectivement des moyens efficaces que leur école/environnement/collège peut mettre en place pour accueillir des enfants et des jeunes réfugiés. Un quiz sur les réfugié(e)s a également été créé comme activité préparatoire pour ces sessions de formation.

Le guide du NEU intitulé « Welcoming Refugee Children to Your School » (Accueillir des enfants réfugié(e)s dans votre école) fournit également des informations concernant la façon dont les écoles peuvent créer un environnement favorable aux réfugié(e)s, mettre en place un programme scolaire accessible et réfléchir à des principes de pratiques efficaces.

Pour la première fois cette année et à l’occasion de l'édition spéciale 20e anniversaire, le syndicat a établi un partenariat avec la Semaine des réfugiés et l'ensemble de ces ressources ont été présentées à l'occasion de la Conférence de la Semaine des réfugiés, qui s'est tenue le mois dernier.

 

Le 20 février 2018, l’Internationale de l’Education et son Bureau européen, le CSEE, ont tenu une audience dans les bureaux du Comité économique et social européen, afin de présenter les résultats d’un nouveau rapport (en anglais) constitué de quatre études de cas qui examinent les réalités de l’éducation des réfugié(e)s et des nouveaux/elles arrivant(e)s en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Suède.

Ce rapport met l’accent sur les défis inhérents à l’éducation des réfugié(e)s, et notamment sur la nécessité de repenser l’intégration des nouveaux/elles arrivant(e)s en Europe si l’on souhaite que les écoles soient en mesure de s’adapter à la diversité des apprenant(e)s et de répondre aux besoins spécifiques des nouveaux/elles arrivant(e)s.

Il démontre que, dans la plupart des cas, les obstacles auxquels sont confrontés les élèves pour s’intégrer aux systèmes éducatifs européens sont non seulement liés au manque de ressources et de développement professionnel du personnel scolaire, mais également à l’absence d’enseignant(e)s dédié(e)s à l’apprentissage de la langue du pays d’accueil en tant que deuxième langue, de soutien linguistique et spécialisé(e)s, ainsi qu’au manque de coordination et de coopération entre les différents secteurs et niveaux politiques et administratifs au sein de la société.

En outre, comme le révèle le rapport, les systèmes européens ont tendance à séparer les nouveaux/elles arrivant(e)s des autres apprenant(e)s, en les regroupant dans les mêmes classes sans mener d’évaluation personnelle reposant sur l’intérêt supérieur des élèves. Le rapport met en garde contre les projets locaux isolés qui reposent non pas sur un cadre complet, mais plutôt sur la société civile et les efforts individuels des enseignant(e)s et directeurs/trices engagé(e)s.

Sur la base des conclusions des quatre études de cas, le nouveau rapport de l’IE formule les recommandations suivantes :

  • Chaque pays doit adopter un cadre national exhaustif, qui prévoit des directives de base concernant l’accueil, l’inclusion et l’éducation des élèves nouvellement arrivés. Un système de suivi sous-tendant les pratiques locales doit par ailleurs être mis en place, afin de garantir la bonne mise en œuvre de ce cadre.
  • Chaque pays doit rendre obligatoire une première évaluation effectuée par les enseignant(e)s de la vie et de l’expérience scolaire de l’élève avant son arrivée dans le pays d’accueil, et fournir à ces derniers/ères les outils et informations nécessaires à cet égard. Une approche « au cas par cas » est ici essentielle.
  • L’inclusion doit être un modèle organisationnel majeur et constituer la pierre angulaire des discussions sur « ce qui est dans l’intérêt supérieur de l’enfant », comme le précise l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant. Toutefois, les élèves ne peuvent s’intégrer sans aide supplémentaire. C’est pourquoi il ne suffit pas de se demander si l’élève s’intégrera à ses pairs, mais plutôt de se pencher sur les moyens permettant de le/la soutenir à ce stade.
  • La première langue de l’enfant doit être reconnue et valorisée comme instrument primordial pour l’apprentissage et la construction de son identité. Il est indispensable de garantir la présence d’enseignant(e)s de soutien linguistique – des médiateurs/trices culturel(le)s et linguistiques ou des assistant(e)s bilingues – et d’aider ces derniers/ères au sein même des établissements scolaires.
  • Le développement professionnel des enseignant(e)s dans les domaines propres à l’éducation des élèves nouvellement arrivés, à la pédagogie interculturelle et aux salles de classe multiculturelles doit constituer une priorité nationale dans chaque pays. Un programme bien structuré expliquant comment créer une communauté d’apprentissage et soutenir l’apprentissage par les pairs des enseignant(e)s doit être développé dans chaque école, de préférence en collaboration avec des universités.
  • Les réseaux des communautés locales, de la société civile et des parents doivent être encouragés et valorisés, sans toutefois être tenus responsables de ce que les écoles font et de la manière dont elles procèdent.
  • Les gouvernements nationaux et les organisations internationales telles que la Commission européenne doivent investir davantage dans les recherches longitudinales et comparatives par pays, afin d’orienter les décisions politiques d’un point de vue scientifique.

Le projet « Former les enseignant(e)s pour leur permettre de travailler avec des migrant(e)s et des réfugié(e)s, et favoriser leur processus d’intégration dans le milieu scolaire » vise à conférer aux enseignant(e)s et aux directeurs/trices d’établissements scolaires les compétences professionnelles appropriées pour travailler avec les migrant(e)s et les enfants réfugiés et favoriser leur inclusion.

Ce projet se destine aux enseignant(e)s et aux directeurs/trices d’écoles maternelles, primaires et secondaires qui ont exprimé leur volonté de travailler avec des migrant(e)s.

Quelque 246 enseignant(e)s provenant des quatre coins du pays ont participé à sept séminaires de formation.

Cette formation de deux jours s’inscrivait dans le cadre du programme de formation de l’Académie permanente pour la promotion de la science et de l’innovation dans le secteur de l’éducation (PANIO) du SEB. Les séminaires de formation se sont déroulés dans la ville de Hisarya, dans la province de Plovdiv. Les participant(e)s ont été divisés(e) en sept groupes, chacun réunissant des participant(e)s provenant des différentes régions du pays. La vaste portée géographique a permis aux participant(e)s d’échanger des bonnes pratiques et des informations, mais également d’aborder les difficultés inhérentes au travail avec les migrant(e)s.

Au terme de cette formation, les participant(e)s avaient acquis des compétences et des connaissances dans plusieurs domaines, dont:

  • les caractéristiques culturelles et psychologiques des enfants réfugiés;
  • les rudiments du cadre législatif bulgare;
  • les moyens d’élaborer des stratégies permettant l’intégration réussie des enfants réfugiés dans les salles de classe;
  • les moyens de résoudre efficacement les problèmes liés à l’intégration des enfants réfugiés;
  • l’amélioration du processus d’intégration des enfants réfugiés dans les écoles et les activités parascolaires.

En s’appuyant sur le retour d’information des enseignant(e)s qui ont pris part à cette formation, le syndicat a rédigé un programme adapté à la collaboration avec les réfugié(e)s et les enfants réfugiés, qui sera inclus dans le registre d’information des programmes certifiés ayant pour but d’améliorer le niveau de qualification des spécialistes pédagogiques au sein du ministère de l’Education et des Sciences.

En outre, le SEB a développé du matériel de formation (brochure), un programme scolaire adapté et un manuel de soutien méthodique intitulé « For the first time in Bulgaria », en collaboration avec la professeure Rosica Penkova (Université de Sofia).

 

Les enfants déplacés de force peuvent vivre un périple de plusieurs années avant de s’installer définitivement avec leur famille dans leur pays d’accueil. Une fois cet objectif atteint, il se peut que la scolarisation ne figure pas au rang des priorités absolues, dans la mesure où les personnes déplacées doivent faire face à des problèmes urgents tels que les procédures administratives, les solutions d’hébergement, les soins de santé, etc.

Par conséquent, la rescolarisation n’est pas un chemin linéaire pour ces enfants tenus à l’écart des salles de classe pendant une longue période, si tant est qu’ils aient eu la chance d’être un jour scolarisés. Très souvent, ces enfants quittent l’école bien plus rapidement qu’ils n’y sont entrés.

Afin de lutter contre de telles situations, deux enseignantes belges, Marie Pierrard et Juliette Pirlet, ont créé « La Petite Ecole », qui entend soutenir le processus d’intégration des enfants et de leur famille dans le milieu scolaire. L’objectif de La Petite Ecole est à la fois d’encourager la scolarisation des enfants et de favoriser leur réussite. Elle leur offre une période de transition tout en douceur afin de les habituer à être séparés de leur famille, leur dispense des cours de langue et leur inculque les règles élémentaires ainsi que les comportements sociaux qu’ils sont censés adopter à l’école. Enfin, elle promeut l’estime de soi dont ils auront besoin pour relever ce nouveau défi. Ce projet est avant tout centré sur le développement d’une approche individuelle pour chaque enfant. L’une de ses priorités est de nouer une solide relation de confiance entre l’établissement scolaire et les parents, car elle est fondamentale pour garantir la réussite scolaire des enfants nouvellement scolarisés.

Cette « école » a vu le jour en février 2016 et accueille en moyenne, dans deux classes, 12 enfants âgés de 6 à 15 ans provenant des quatre coins du monde (la Syrie, la Guinée, le Sénégal, le Maroc, etc.). Plusieurs institutions collaborent avec cette initiative afin d’accompagner les enfants et leur offrir un large éventail d’activités de soutien: sport, soutien psychologique, art, etc.

La période de transition au sein de La Petite Ecole est décidée au cas par cas selon le degré de préparation des enfants et de leur famille. L’équipe en charge du projet les accompagne tout au long du processus de scolarisation en prenant contact avec les écoles, en exposant la situation de l’enfant, en faisant visiter l’établissement scolaire, etc.

Depuis janvier 2017, « La petite école des devoirs » fournit un soutien scolaire aux anciens élèves, et permet de maintenir un contact avec les enfants (et leur famille) qui ont fréquenté La Petite Ecole.

Les 18 et 19 décembre 2017, le syndicat d’enseignants polonais ZNP et la Foundation for Social Diversity ont organisé une conférence à Varsovie intitulée « Les enseignant(e)s en faveur d’une éducation de haute qualité pour les élèves migrants ». Cette conférence est venue couronner un projet de 18 mois destiné à améliorer l’éducation des réfugié(e)s et des migrant(e)s en Pologne.

La conférence visait à :

  • améliorer les procédures de suivi psychologique et pédagogique des élèves, et notamment des élèves migrants;
  • formuler des propositions d’activités permettant aux écoles de se préparer à accueillir des élèves et des étudiant(e)s migrant(e)s, de favoriser leur intégration dans l’environnement scolaire et d’instaurer une coopération avec leur famille;
  • se familiariser avec le rôle des assistant(e)s interculturel(le)s et avec les aspects juridiques concernant leur recrutement dans les écoles;
  • promouvoir l’échange d’expérience entre les représentant(e)s d’établissements scolaires et les communes de Gdańsk et de Varsovie;
  • aborder les dernières évolutions en matière de réglementations et les premiers résultats de leur mise en œuvre.

Durant cette conférence de deux jours, les 50 participant(e)s ont eu l’occasion de discuter du rôle des gouvernements locaux – et notamment ceux de Varsovie et de Gdańsk – dans l’élaboration des politiques locales visant à intégrer les élèves et leur famille dans la vie des communautés locales. Ils/elles ont par ailleurs pu se pencher sur les premières expériences en classes préparatoires/classes d’accueil à Varsovie, exposées par des expert(e)s du Centre d’Innovation Socio-éducatif et de la formation de la ville de Varsovie, mais également sur les moyens d’identifier le stress post-traumatique chez l’enfant, sur le rôle des assistant(e)s interculturel(le)s et sur les réglementations juridiques régissant l’embauche d’assistant(e)s et d’organisations non gouvernementales en milieu scolaire et, enfin, sur les moyens de bâtir une coalition avec les parents d’élèves étrangers dans les écoles.

Au terme de la conférence, les participant(e)s ont décidé de poursuivre la coopération, avec le soutien des représentant(e)s des autorités locales des deux villes impliquées dans le projet.