A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre dernier, professionnels de la santé, enseignants, parents d’élèves, personnalités du monde artistique, littéraire, académique, élus de droite et de gauche ainsi que des organisations actives dans la promotion des droits de l’enfant et des droits humains, se sont unis pour remettre au Conseil fédéral un Appel contre l’application aveugle du règlement Dublin. Ces organisations entendent notamment rappeler à la Suisse ses obligations de protection envers les enfants réfugiés et leurs familles et appellent les autorités fédérales à traiter les demandes d’asile de personnes arrivées en Suisse par un autre pays européen, lorsque des motifs humanitaires et de compassion le justifient. 

Au total, 33000 personnes et plus de 200 organisations, dont les trois sociétés suisses de pédiatrie (SSP, SSPPEA et SSCP) ainsi que la faîtière des associations d’enseignants suisses (LCH) et le Syndicat des Enseignants Romands (SER) ont signé l’Appel de Dublin lancé fin avril au niveau national.  

Lors d’une conférence de presse, Raphaël Comte (Conseiller aux États PLR), Mattea Meyer (Conseillère nationale PS), Franziska Peterhans (Secrétaire centrale de la LCH, faîtière des associations d’enseignants suisses) et Dr Hélène Beutler (co-présidente de la Société Suisse de psychiatrie et psychothérapie de l’enfant et de l’adolescent) ont relayé les préoccupations de ce large éventail de soutiens à l’Appel Dublin et plaidé pour une application plus humaine du règlement Dublin. 

La coalition nationale a également adressé une lettre à Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et aux exécutifs de tous les cantons, pour leur demander une rencontre afin de discuter des revendications de l’Appel.  

A l’heure actuelle, au nom du règlement Dublin, des enfants sont arrachés de leurs classes en milieu d’année ou doivent interrompre un traitement médical ou psychologique. Certains d’entre eux sont même séparés de l’un de leurs parents en violation de l’intérêt supérieur de l’enfant et de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant.  

Pourtant, le règlement Dublin lui-même prévoit de prendre en compte la vulnérabilité des personnes lors de son application. « Pour des motifs humanitaires, de compassion et pour permettre le rapprochement de membres de la famille », la Suisse peut actionner la clause discrétionnaire prévue par l’art. 17 al. 1 du règlement et entrer en matière sur les demandes d’asile.  

L’Appel contre l’application aveugle du règlement Dublin ne demande pas un changement de loi, ni un bouleversement de la politique d’asile, mais uniquement un changement de pratiques administratives dans l’application du règlement Dublin. C’est un appel au bon sens : il s’agit de mieux protéger les réfugiés vulnérables, tel que le prévoit ce règlement.  

La Suisse en tête des renvois Dublin au niveau européen

La Suisse applique le règlement Dublin de manière particulièrement scrupuleuse, puisqu’elle est en tête des renvois au niveau européen. En 2016, la Suisse a renvoyé 3750 personnes au nom de Dublin ; elle n’en a accueilli que 469 au même titre. Si l’Allemagne et la Suède comptent un plus grand nombre de renvois Dublin (respectivement 3968 et 5244 en 2016), elles enregistrent également un plus grand nombre de personnes accueillies au nom de Dublin (respectivement 12’091 et 3306). En 2016 encore, plus d’un tiers des demandes d’asile déposées en Suisse se sont soldées par une décision de « non-entrée en matière Dublin ». Cela, alors même que le nombre de demandes d’asile est en nette diminution (39'523 en 2015, 27'207 en 2016, 13'916 du 1.1 au 30.9.2017).

 

Réflexions de la Conférence GEW sur « Une éducation de qualité pour les réfugié(e)s », Brême, 20 septembre 2017

Par Nick Strauss, antenne du syndicat GEW à Brême

Les résultats des élections fédérales allemandes du 24 septembre dernier soulèveront des préoccupations chez un grand nombre de nos collègues et ami(e)s en dehors de l’Allemagne. A l’heure où, à peine 70 ans après la chute du nazisme en Europe, on assiste à la montée de l’AfD – un parti politique qui a obtenu plus de 10 % des voix et qui compte parmi ses dirigeant(e)s des personnes qui souhaitent rendre honneur à l’armée allemande pour ses exploits lors de la Seconde Guerre mondiale et qui encouragent la population à engendrer plus de nouveaux/elles « Allemand(e)s » à travers des affiches montrant une femme enceinte sans visage et qui s’apparente à une machine à faire des bébés –, les préoccupations, mais également l’indignation et l’action, sont de mise.

Toutefois, un examen plus approfondi des résultats révèle que, même si les politiques de l’AfD sont ouvertement anti-islam et anti-migrant(e)s, les contacts avec les migrant(e)s et les musulman(e)s restent relativement limités. Les nouveaux Etats fédéraux de l’Allemagne de l’Est ont accueilli très peu de migrant(e)s jusqu’en 2015. Or, des sociétés multiculturelles bien établies – comme c’est le cas en Allemagne de l’Ouest – sont bien souvent le meilleur rempart face au populisme d’extrême droite.

Quels sont néanmoins les risques lorsque les migrations ont lieu dans un contexte de manque de financement et de lutte pour des ressources limitées parmi la classe ouvrière et les plus démunis ?

En 2015, quelque 12 000 réfugié(e)s, y compris un grand nombre de jeunes de moins de 18 ans non accompagnés, sont arrivé(e)s dans l’Etat de Brême, qui compte 670 000 habitant(e)s. Au même moment, de nombreux/ses migrant(e)s des régions plus pauvres de l’UE ont été attiré(e)s par la perspective d’obtenir un emploi et un logement abordable. Le système éducatif, qui était déjà confronté aux niveaux de pauvreté chez les enfants, parmi les plus élevés d’Allemagne et à de faibles niveaux de financement (par rapport à d’autres grandes villes), a eu du mal à gérer la situation.

En 2016 et 2017, malgré une diminution des nouvelles arrivées, la migration interne de réfugié(e)s autorisé(e)s à se déplacer en Allemagne combinée au regroupement familial approuvé par le gouvernement fédéral a entraîné une forte demande permanente pour des cours d’allemand à destination des migrant(e)s et des réfugié(e)s récemment arrivé(e)s.

D’après les chiffres cités lors d’une réponse à une question parlementaire du parti « La gauche » (Die Linke), le nombre de jeunes ayant suivi des cours s’élevait à 2 723 en 2016 et à 2 622 en 2017. Point positif, nous avons assisté à une diminution claire du nombre de jeunes n’ayant pas obtenu de place à l’école : ces chiffres sont passés de plus de 1 000 début 2016 à 750 fin 2016, et à environ 320 en 2017.

Toutefois, les fonds supplémentaires apportés par les autorités municipales pour les cours d’allemand s’arrêteront en décembre 2017. Aucun programme prévoyant un financement supplémentaire n’a été annoncé pour soutenir les enfants qui ont terminé ces cours et qui sont désormais scolarisé(e)s dans des établissements ordinaires, qui ne comptent, malgré tout, que peu de cours d’allemand. La pression ne cessera d’augmenter.

C’est dans ce contexte que l’antenne du GEW à Brême a organisé, avec le soutien de l’Internationale de l’Education, une conférence d’un jour sur « Une éducation de qualité pour les réfugié(e)s ».

Une centaine de personnes y ont participé ; un chiffre qui, hors contexte, peut sembler dérisoire. Le gouvernement fédéral a poliment décliné notre proposition d’autoriser les enseignant(e)s à y assister. Presque tou(te)s enseignant(e)s qui ont pu y participer avec le soutien de la direction de leur école ont été remplacé(e)s par des collègues, qui ont assuré leurs cours, le plus souvent dans le cadre d’heures supplémentaires obligatoires non rémunérées, qui sont censées n’être utilisées « qu’en cas d’urgence ». Mais, de nos jours, presque chaque jour est une « urgence ».

Jusqu’à cette conférence, nous avions uniquement réussi à mobiliser le personnel chargé des cours préparatoires dans le cadre relativement limité et protégé par la loi des réunions du personnel convoquées par les comités officiels des délégué(e)s du personnel (Personal Versammlungen convoquées par le Betriebsrat ou le Personalrat-Schule). Dès lors, pour notre antenne, chaque inscription représentait une victoire.

Notre syndicat s’est par ailleurs félicité de la participation d’une trentaine de collègues qui ne sont pas affilié(e)s à notre syndicat. Un grand nombre des enseignant(e)s chargé(e)s des cours préparatoires sont des « sous-traitant(e)s » ou travaillent sous contrat temporaire. Avec un taux d’adhésion syndicale d’environ 15 % parmi les sous-traitant(e), il nous reste encore un long chemin à parcourir, même si ce taux a augmenté de 50 % ces deux dernières années. Si les actions revendicatives concernant les salaires et les conditions de travail nous permettront d’attirer certain(e)s membres, une grande partie des membres du GEW restent fidèles à notre syndicat pour nos politiques d’éducation et le soutien que nous apportons aux travailleurs/euses de l’éducation en tant que professionnel(le)s. La conférence nous a permis d’interagir avec ces collègues à ce niveau-là également.

Résumer une conférence d’un jour dans un court article n’est pas un exercice aisé. Je vais donc tenter de décrire quelques-uns des temps forts du point de vue de l’équipe organisatrice.

Le représentant d’une sénatrice est intervenu au début de la journée. La sénatrice n’avait pas pu participer, mais M. Husemann a fait part de ses préoccupations quant au maintien d’un système d’éducation inclusive pour les enfants réfugiés. Les écoles sont pleines ; au terme de leur cours préparatoire, les jeunes n’ont donc nulle part où aller. M. Husemann a par ailleurs mentionné la forte demande permanente et a insisté sur le fait que le système éducatif avait plus ou moins réussi à surmonter un choc en 2015, mais qu’il ne survivrait pas à des pressions constantes. Il a remercié le personnel présent qui a, selon lui, sauvé les départements de l’éducation en 2015 et 2016. Il a en outre proposé une solution pour la qualification et la reconnaissance des nombreux/euses enseignant(e)s dans ce secteur qui sont considéré(e)s (et payé(e)s !) comme des enseignant(e)s « non qualifié(e)s », soit parce que leur formation à l’étranger n’est pas reconnue, soit parce que leur diplôme ne respecte pas le modèle des diplômes traditionnels allemands dans l’enseignement.

C’est le professeur Fantini qui a prononcé le discours principal. Dans le cadre de son travail avec des enseignant(e)s stagiaires à l’université de Brême, il enseigne notamment l’éducation interculturelle à la faculté des sciences pédagogiques et de l’éducation.

En résumé, le professeur Fantini a souligné l’importance pour les systèmes scolaires et les enseignant(e)s de se concentrer sur ce que les jeunes peuvent apporter à leur éducation (valoriser les ressources) plutôt que sur ce qu’ils/elles ne peuvent pas faire (souligner leurs lacunes). Il a également mentionné le concept de « compétences interculturelles réflexives », qui s’appuie sur l’autoévaluation culturelle et sur une attitude réflexive à l’égard de ce qui est étranger.

Les ateliers organisés avant le déjeuner ont couvert un large éventail de sujets, notamment le partage des expériences des réfugié(e)s dans les écoles ordinaires et le recours aux nouveaux médias pour travailler avec les jeunes migrant(e)s.

J’ai participé à un atelier présidé par Dirk Troué, qui représentait le Conseil des guildes des entrepreneurs de Brême. De nombreux petits et moyens employeurs dans le secteur des services et de la fabrication envisagent de recruter des stagiaires refugié(e)s. Les jeunes font en effet preuve d’un engagement que les employeurs apprécient. Certains des problèmes concrets rencontrés par les apprenti(e)s ont en outre été abordés lors de cet atelier. La partie de l’apprentissage qui se déroule dans un établissement d’enseignement technique et professionnel supérieur (en Allemagne, les apprentissages ont lieu en partie dans l’entreprise et en partie dans ces écoles) nécessite des compétences linguistiques qui représentent souvent un défi pour les étudiant(e)s qui possèdent des lacunes au niveau de leur langue maternelle, et constituent un obstacle important pour les nouveaux/elles arrivant(e)s qui apprennent l’allemand. Le niveau « B1 » requis pour entamer un apprentissage n’a apparemment pas doté les élèves des compétences suffisantes en allemand pour suivre une formation. Un grand nombre de participant(e)s ont souligné la nécessité de proposer une année supplémentaire d’apprentissage de la langue en contexte pour soutenir ces stagiaires.

Claudia Brockmann a présidé un autre atelier sur les compétences interculturelles. Quand on sait que les salles de professeurs en Allemagne ne sont guère différentes des classes de l’enseignement secondaire supérieur d’il y a 10 ou 30 ans – moins de 10 % du personnel est issu de l’immigration –, la discussion relative aux changements que doit faire la « majorité » est essentielle. S’en tenir à « C’est comme cela que ça se passe en Allemagne » ne suffit pas.

Après le déjeuner, deux études de cas ont été présentées.

Mariam Leithe-Alkhazan – qui a apporté une aide précieuse pour l’organisation de la journée (merci !) – a évoqué le recours, dans son école, à des soirées interculturelles afin de briser la glace entre les nouveaux et les anciens élèves. Ces événements permettent de montrer aux communautés récemment arrivées que l’école les apprécie.

Lars Kaempf a montré le site Web trilingue que l’association sans but lucratif « Welcome to Bremen » (« Bienvenue à Brême ») a mis en place en 2016. Le site fournit des informations sur différents aspects de la vie à Brême pour les réfugié(e)s et les migrant(e)s. Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site à l’adresse : https://welcometobremen.de/.

La journée s’est terminée par la dégustation de quelques gâteaux et une séance de travail « Café du monde », lors de laquelle les participant(e)s ont pu contribuer au développement de politiques syndicales en préparation de notre conférence prévue en novembre 2017.

Katharina Lenuck est une étudiante de Brême qui a aidé le GEW à organiser la conférence (merci !!) et à mettre en œuvre le projet. Elle a souligné l’importance des contributions de la conférence dans la poursuite du projet visant à soutenir et à améliorer l’éducation des réfugié(e)s à Brême. Bernd Winkelmann, porte-parole de l’antenne du GEW à Brême, a ajouté que la conférence avait confirmé, une fois de plus, que l’un des principaux problèmes liés à l’intégration des réfugié(e)s et des migrant(e)s dans le système éducatif provenait du manque d’investissement.

Un grand nombre de citoyen(ne)s vivant en Allemagne ont exprimé leurs craintes lorsqu’ils/elles se sont rendu(e)s aux urnes le 24 septembre. Le GEW est convaincu que l’AfD ne répond pas aux problèmes rencontrés par les travailleurs/euses allemand(e)s. Certaines des réponses à ces problèmes ont été ébauchées lors de la conférence du GEW.

Un système éducatif équitable et dynamique offrant des opportunités pour tous les jeunes vivant en Allemagne est l’un des éléments clés de la solution au problème des inégalités économiques et de la non-durabilité des économies allemande et européenne sur le plan écologique. Les travailleurs/euses du système éducatif sont des acteurs essentiels – wir schaffen das.

Dr Patrick Roach, NASUWT , Secrétaire général adjoint

 La semaine dernière, l’Audit des disparités raciales a malheureusement confirmé ce que bon nombre d’entre nous savaient déjà : les discriminations et autres préjudices de nature raciale sont un phénomène généralisé dans notre système scolaire.

Ce problème demeure toujours d’actualité 30 ans après la publication du premier rapport novateur sur les inégalités raciales dans les écoles – Education pour tous – de Lord Swann.

Ces dernières années, l’intérêt s’est davantage porté sur la situation ou le milieu de l’élève pour évaluer sa performance - une démarche qui, de toute évidence, a été accueillie favorablement. Le rapport s’appuie sur une recherche antérieure qui avait démontré que la performance des jeunes britanniques blancs était inférieure à celle des enfants issus d’autres milieux. 

Certain(e)s affirmeront probablement que, si les enfants MEN (minorités ethniques noires) obtiennent de meilleurs résultats que les enfants britanniques blancs, aucun problème de racisme ne devrait par conséquent faire obstacle à leur inscription dans les universités.

Nous pensons plutôt le contraire.

Nous constatons en effet que les enfants issus de milieux MEN sont au moins trois fois plus exposés au risque de ne pouvoir accéder à l’éducation. Les conclusions des recherches, que l’on ne peut plus ignorer aujourd’hui, révèlent que bon nombre d’élèves MEN sont aujourd’hui à la traîne par rapport à leurs homologues blancs.

Et qu’en est-il des enseignant(e)s MEN ? Nous savons que, à l’instar de tou(te)s les enseignant(e)s, ils/elles sont guidé(e)s par un engagement et une passion dévorante pour amener leurs élèves à atteindre leur plus haut potentiel. 

Mais les traitements inégalitaires demeurent monnaie courante. 

La recherche menée par la NASUWT auprès de ses membres a révélé que :

  • 77 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que leurs rémunérations ne sont pas à la hauteur de leurs compétences et de leurs expériences, par rapport à 66 % pour l’ensemble des enseignant(e)s. 
  • 58 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN ont été victimes de violences verbales, par rapport à 49 % pour l’ensemble des enseignant(e)s. 
  • 52 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que la direction de leur école n’accorde pas suffisamment de crédit à leur travail, par rapport à 39 % pour l’ensemble des enseignant(e)s.
  • 64 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que la direction de leur école n’accorde pas suffisamment de crédit à leurs points de vue, par rapport à 53 % pour l’ensemble des enseignant(e)s.

Nous observons aussi que les traitements inégalitaires pratiqués au sein de l’école influent sur le bien-être des enseignant(e)s MEN en dehors de l’école, sachant que 53 % d’entre eux/elles ont constaté au cours des 12 derniers mois une dégradation de leur santé physique imputable à leur travail.

Ces diverses inégalités de traitement ont été mises en lumière dans une recherche distincte conduite par notre syndicat et le groupe de réflexion Runnymede Trust, révélant que les enseignant(e)s MEN continuent à être l’objet de discriminations et de harcèlement, sans compter les obstacles à leur progression salariale et à leur perspective de carrière.

Afin que règne une véritable équité au sein des systèmes éducatifs, il nous faut lutter contre la discrimination et l’enrayer partout où elle s’enracine - dans les institutions, parmi ceux et celles qui jouent un rôle dans l’éducation de nos enfants, et auprès de nos enfants eux-mêmes. 

Nous constatons avec consternation que les enseignant(e)s MEN sont confronté(e)s quotidiennement au racisme, à la discrimination, au harcèlement, aux limites imposées à l’évolution de leurs salaires et à la difficulté d’être promu(e)s aux fonctions de direction ou aux postes à responsabilités. Selon nous, ces problématiques restent profondément enracinées, endémiques et institutionnalisées.

Le maillage social se développe souvent à l’image de la situation dans les écoles. Les communautés MEN se déclarent trop souvent marginalisées, exclues ou victimes de la discrimination. 

Les inégalités raciales se sont accentuées suite aux réformes gouvernementales de 2010, garantissant aux écoles davantage de liberté et de flexibilité en termes de recrutement, de rémunération du personnel et de prise de décision concernant le programme scolaire proposé aux élèves. Ces réformes ont également compromis la capacité de l’ensemble du système à prendre des mesures stratégiques pour continuer à avancer. 

Le gouvernement doit assumer sa part de responsabilité en veillant à ce que toutes les écoles répondent à des normes minimales, garantes de l’égalité raciale. Hélas, ce dernier a préféré opter pour la défensive et la dénégation lorsque son bilan a été mis en cause à propos de la situation de l’égalité raciale dans le secteur de l’éducation. Cela doit cesser. 

Les autorités ministérielles doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour garantir que les écoles répondent à des conditions minimales en termes d’égalité raciale pour leurs élèves et le personnel.  

Raison pour laquelle le syndicat d’enseignants britannique NASUWT mène une campagne proactive intitulée Agir pour la justice raciale. En collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, nous sommes déterminé(e)s à combattre le racisme partout où il existe.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a créé une plateforme compilant des ressources éducatives dans différentes langues européennes, afin d’aider les enseignant(e)s et le personnel de l’éducation susceptibles d’aborder des thèmes liés à la question des réfugié(e)s avec leurs élèves.

Ce portail regroupe, entre autres, des bonnes pratiques, des jeux, des programmes pédagogiques, des films et des suggestions de livres:

  • Passages - Un jeu de sensibilisation à la réalité des réfugiés.
  • Jeu des ballons (Balloon Game) - Un jeu court et amusant de sensibilisation aux problèmes que rencontrent les réfugiés dans un nouveau pays.
  • Envers et contre tout - Un jeu en ligne qui met le joueur à la place d’un réfugié devant quitter son pays et braver de nombreux dangers pour gagner la sécurité.
  • Brochure « En quête de sécurité » (Seeking Safety package) - Un programme pédagogique complet développé par Amnesty International, constitué de huit activités qui définissent des concepts de base comme « réfugié », « personne déplacée à l’intérieur » ou « demandeur d’asile ».
  • Chercher refuge (Seeking Refuge) est une série de courts films d’animation de la BBC, dans lesquels des enfants racontent comment ils ont fui leur pays et sont arrivés au Royaume-Uni.
  • Mes rêves pour l’avenir est un livre à télécharger du HCR s’articulant autour de dessins et de témoignages d’enfants réfugiés congolais au Burundi.
  • Une vie en attente (Life on Hold) est un documentaire en ligne interactif sur les réfugiés au Liban, produit par la chaîne d’information Al Jazeera.

Si vous souhaitez consulter davantage de programmes pédagogiques, d’activités d’apprentissage et d’outils de sensibilisation, n’hésitez pas à vous rendre sur le site http://www.unhcr.org/teaching-resources.html.

 

Credits: Province of British Columbia (via flickr)

La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) et l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) ont lancé la deuxième édition de « Voir grand ensemble » à l’occasion du Congrès de l’ACELF, qui se tenait à Calgary (Alberta) du 28 au 30 septembre 2017.

« Ce livret s’adresse à tous les membres de la communauté scolaire dans le contexte de la diversité culturelle qui la caractérise, plus particulièrement les ados, les parents de familles immigrantes ainsi que le personnel enseignant des écoles de langue française », explique le président de la FCE H. Mark Ramsankar.

« Les communautés francophones vivant dans des provinces ou territoires où le français constitue la langue de la minorité fondent de plus en plus d’espoir sur l’immigration pour contrer la décroissance démographique. Ces familles nouvellement arrivées au Canada font maintenant partie de la francophonie canadienne et nous souhaitons tout mettre en œuvre pour qu’elles y trouvent leur place », a-t-il ajouté.

Le guide de dialogue « Voir grand ensemble » a été conçu pour favoriser les échanges autour du thème de la diversité culturelle afin de trouver les solutions ensemble. Il mise sur la force de 14 témoignages personnels comme éléments déclencheurs de l’échange.

Il peut être exploité dans le cadre d’interventions auprès d’adolescents, afin de leur offrir des occasions de mieux se comprendre et de mieux se rendre compte de la diversité culturelle de leur milieu, de parents de familles nouvellement arrivées pour leur présenter des pistes pour mieux appuyer l’intégration de leur enfant dans la communauté francophone et scolaire et enfin, dans le cadre d’interventions auprès du personnel enseignant visant à lui permettre de faire des constats quant aux besoins de la communauté scolaire et de cerner des moyens de faire une place intégrée à la diversité culturelle à l’école.

Une version imprimée du livret peut être obtenue à partir du Catalogue des publications de la FCE.

Une trousse d’animation accompagnant la publication est disponible en ligne.