Dans le monde entier, près de 50 millions d’enfants ont été déracinés, poussés à migrer dans l’espoir d’une vie meilleure et plus sûre, selon une nouvelle étude de l’UNICEF, qui précise que 28 millions ont été déplacés de force par les conflits et la violence, à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières.

Souvent traumatisés par les conflits et la violence qu’ils fuient, ces enfants rencontrent d’autres dangers le long de la route, dont les risques de noyade lors des traversées, la malnutrition et la déshydratation, la traite des êtres humains, l’enlèvement, le viol, voire le meurtre. Dans les pays qu’ils traversent, et même une fois arrivés à destination, ils sont souvent victimes de xénophobie et de discrimination.

Le calvaire de ces enfants a été mis en lumière dans le rapport de l’UNICEF publié le 7 septembre (disponible en anglais) et intitulé « Déracinés: Une crise de plus en plus grave pour les enfants réfugiés et migrants ». Ce rapport  présente de nouvelles données sur la vie de millions d’enfants et de familles touchés par de violents conflits et d’autres crises qui les poussent à prendre tous les risques et à tenter un périlleux voyage plutôt que de rester chez eux.

Des statistiques choquantes

« Déracinés » montre que:

  • Les enfants représentent une part disproportionnée et croissante des personnes ayant cherché refuge en dehors de leur pays de naissance: ils constituent environ le tiers de la population mondiale, mais à peu près la moitié de tous les réfugiés. En 2015, environ 45 % des enfants réfugiés placés sous la protection du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés étaient originaires de Syrie et d’Afghanistan.
  • 28 millions d’enfants, déracinés par la violence et les conflits, ont été déplacés à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières, dont 10 millions de réfugiés, un million de demandeurs d’asile dont le statut de réfugié n’a pas encore été déterminé et quelque 17 millions d’enfants déplacés au sein même de leur pays – autant d’enfants qui ont urgemment besoin d’une aide humanitaire d’un accès à des services vitaux.
  • De plus en plus d’enfants traversent seuls les frontières. En 2015, plus de 100.000 mineurs non accompagnés ont demandé l’asile dans 78 pays, soit trois fois plus qu’en 2014. Les enfants non accompagnés sont parmi les plus exposés aux risques d’exploitation et d’abus, notamment par les contrebandiers et les trafiquants.
  • Environ 20 millions d’enfants migrants à travers le monde ont également quitté leur foyer pour diverses raisons, dont la pauvreté extrême et les violences perpétrées par des gangs. Bon nombre d’entre eux sont particulièrement exposés aux risques d’abus et de détention, étant donné qu’ils ne possèdent pas de papiers, ne disposent pas d’un statut juridique précis et ne font l’objet d’aucun suivi systématiques de santé.

Le rapport poursuit en expliquant que les enfants qui ont quitté leur foyer ou ont été déplacés de force sont souvent privés des avantages potentiels de la migration, comme l’éducation, un facteur pourtant déterminant aux yeux de beaucoup d’enfants et de familles qui choisissent de migrer. Un enfant réfugié risque cinq fois plus de ne pas aller à l’école qu’un autre enfant. Mais lorsqu’ils peuvent y aller, c’est à l’école que les enfants migrants et réfugiés sont le plus souvent victimes de discrimination, qui s’exprime notamment par des brimades et du harcèlement.

Appel à agir

Le rapport de l’UNICEF relève six actions spécifiques qui permettront de protéger et d’aider les enfants déplacés, réfugiés et migrants:

  • protéger les enfants réfugiés et migrants, en particulier les enfants non accompagnés, de l’exploitation et de la violence;
  • mettre fin à la détention des enfants demandant le statut de réfugiés ou migrants en mettant en place une série d’alternatives pratiques;
  • ne pas séparer les familles – le meilleur moyen de protéger les enfants et de leur donner un statut juridique;
  • permettre à tous les enfants réfugiés et migrants de continuer à apprendre et d’avoir accès aux services de santé et à d’autres services de qualité;
  • insister pour que des mesures soient prises afin de combattre les causes sous-jacentes des déplacements à grande échelle de réfugiés et de migrants; et
  • promouvoir des mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation.