Peter Thomson, President of the UN General Assembly, addresses the opening segment of the UN high-level summit on large movements of refugees and migrants

L’Internationale de l’Education a participé au tout premier Sommet de l’Assemblée générale des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants, qui a réaffirmé la nécessité de protéger les droits des réfugié(e)s et des migrant(e)s, et en particulier leur droit à l’éducation.

Au vu du nombre inédit de personnes contraintes de fuir leur pays d’origine depuis la Seconde Guerre mondiale, les dirigeant(e)s du monde entier se sont réunis le 19 septembre au siège des Nations Unies, afin d’adopter la Déclaration de New York (en anglais). Cette dernière incarne la volonté politique de protéger les droits des réfugié(e)s et des migrant(e)s, de sauver des vies et de partager les responsabilités au regard des importants déplacements de populations à l’échelle mondiale. A l’occasion de ce Sommet, l’Internationale de l’Education (IE) était représentée par Haldis Holst, Secrétaire générale adjointe de l’IE, Dennis Sinyolo, Ingrid Convery et Steffen Handall (Union of Education Norway), Jill Christianson et Princess Moss (National Education Association, Etats-Unis) et Wilson Sossion (Kenya National Union of Teachers).

Engagements et obligations

Cette déclaration historique comporte des engagements ambitieux afin de répondre aux enjeux actuels et de préparer le monde aux futurs défis liés à la migration. En outre, ce Sommet a mis en lumière la nécessité d’engager des négociations devant aboutir à l’organisation d’une conférence internationale et à l’adoption d’un pacte mondial visant à garantir une migration sûre, ordonnée et régularisée en 2018. Les engagements repris dans la Déclaration de New York visent à:
Protéger les droits fondamentaux de tous/toutes les réfugié(e)s et migrant(e)s, indépendamment de leur statut. Cela inclut les droits des femmes et des filles ainsi que la promotion de leur participation pleine, égale et significative dans la recherche de solutions.

  • Veiller à ce que tous les enfants réfugiés et migrants reçoivent une éducation dans les mois suivant leur arrivée.
  • Prévenir et répondre à la violence sexuelle et fondée sur le genre.
  • Soutenir les pays secourant, recevant et accueillant un grand nombre de réfugié(e)s et de migrant(e)s.
  • Travailler à mettre un terme à la détention des enfants afin de déterminer leur statut migratoire.
  • Trouver de nouveaux lieux pour tous les réfugié(e)s identifié(e)s par le Haut Commissariat aux Réfugiés comme ayant besoin de réinstallation et élargir les possibilités pour les réfugié(e)s de déménager dans d’autres pays grâce, par exemple, à des programmes de mobilité par le travail ou l’éducation.
  • Renforcer la gouvernance mondiale de la migration en intégrant l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le système des Nations Unies.

Nations Unies: l’action collective revêt une importance capitale

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a félicité les Etats membres en déclarant que « le sommet d’aujourd’hui représente une avancée dans nos efforts collectifs pour faire face aux défis liés à la mobilité humaine ». « L’adoption de la Déclaration de New York signifie que davantage d’enfants peuvent aller à l’école, davantage de travailleurs peuvent en toute sécurité chercher un emploi à l’étranger, au lieu d’être à la merci de passeurs criminels; en outre, davantage de personnes pourront véritablement choisir de se déplacer lorsque nous aurons mis un terme à ce conflit, fait perdurer la paix et accru les opportunités dans leur pays », a-t-il poursuivi.

Comme le demande la Déclaration, le Secrétaire général a également lancé une nouvelle campagne intitulée « Ensemble – Respect, sécurité et dignité pour tous » afin de « répondre à l’augmentation de la xénophobie et transformer la peur en espoir ». Il a exhorté « les dirigeants du monde à se joindre à cette campagne et à s’engager ensemble à faire respecter les droits et la dignité de toute personne forcée par les circonstances à fuir son domicile à la recherche d’une vie meilleure ».
Ban Ki-moon et le Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing, ont également signé la nouvelle convention par laquelle l’OIM devient une organisation apparentée aux Nations Unies.
IE: des enseignant(e)s de qualité pour les réfugié(e)s et les migrant(e)s

La Secrétaire générale adjointe de l’IE, Haldis Holst, a insisté sur le fait que « les gouvernements devaient garantir le droit à l’éducation de tous les enfants réfugiés et migrants ».
« Les enseignants doivent être formés de manière adéquate et professionnelle afin de pouvoir répondre aux besoins d’apprentissage des réfugiés et des migrants », a-t-elle poursuivi, ajoutant que les qualifications des enseignant(e)s migrant(e)s et réfugié(e)s devaient être reconnues.

Holst s’est également exprimée lors de l’événement organisé par le groupement Global Unions, intitulé « Défendre la dignité et le travail décent pour les migrant(e)s et les réfugié(e)s », et a souligné l’importance de garantir une éducation aux enfants réfugiés et migrants, ainsi que la nécessité de se concentrer sur les enseignant(e)s et autres éducateurs/trices.

Le groupement Global Unions émet des réserves

D’après la déclaration du Conseil du groupement Global Unions, dont l’IE fait partie, le document final du Sommet de haut niveau sur la gestion des grands mouvements des migrants et des réfugiés comporte « de nombreux éléments positifs ».

Le document final « rappelle combien il devient urgent de relever les défis et de se mobiliser, de coopérer et de mettre en place une gouvernance mondiale eu égard aux réfugiés et aux migrants », précise la déclaration. En outre, elle souligne l’importance de s’attaquer aux problèmes spécifiques des femmes et des enfants, ainsi qu’aux problèmes endémiques de la discrimination, du racisme et de la xénophobie.

Global Unions reconnaît également que le document final insiste sur l’importance que revêtent l’éducation, les soins de santé et les autres services publics, ainsi que sur la nécessité de garantir un accès illimité à la sécurité sociale et aux autres systèmes de protection sociale.

Toujours d’après la déclaration de Global Unions, ce document met également en lumière la nécessité pour les gouvernements de déployer des efforts considérables afin de collaborer sur le terrain, ainsi que de consacrer des moyens à la migration, ce qui relève de la volonté politique.

Si le groupement Global Unions salue l’engagement visant à renforcer la gouvernance mondiale au regard de la migration et des réfugié(e)s, il met en exergue le fait que, contrairement au système de l’ONU, l’OIM est dénuée de tout mandat relatif aux droits humains, de même que de toute autorité et de toute légitimité en la matière, même si elle joue un rôle important dans la thématique de la migration. Il propose donc qu’au moins une agence des Nations Unies, et en particulier l’Organisation internationale du Travail, partage cette responsabilité avec l’OIM.

Concernant la « migration circulaire », et essentiellement la migration temporaire, Global Unions déclare « qu’il existe souvent une contradiction entre la promotion des droits des travailleurs et celle de la migration circulaire ». Le groupement a clairement réaffirmé que la promotion de la migration circulaire ne devait pas faire partie du Pacte mondial de 2018. Il conviendrait plutôt de procéder à une évaluation complète et réaliste de l’impact qu’elle engendre sur les conditions et les droits des travailleurs/euses migrant(e)s temporaires.