Publié la semaine dernière par Human Rights Watch (HRW), ce Rapport mondial révèle que chaque jour en 2015, près de 17.000 enfants ont dû fuir leur maison en raison des persécutions et des conflits. Si l’accès à l’éducation joue un rôle capital dans le bien-être physique et émotionnel des enfants, il s’apparente à une chimère pour ceux qui vivent en situation d’urgence.

Le Rapport s’appuie sur les données de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui révèlent que si la moitié des 3,5 millions d’enfants réfugiés dans le monde en âge d’aller à l’école primaire fréquentent les bancs de l’école, moins d’un quart des 1,95 million d’enfants en âge d’aller à l’école secondaire ont accès à l’éducation. La situation est encore plus préoccupante pour les filles: à l’échelle mondiale, seules sept filles réfugiées pour dix garçons bénéficient d’un enseignement secondaire.

L’enseignement primaire largement privilégié

D’après le rapport, si le nombre record de réfugié(e)s et de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays aux quatre coins du monde a attiré l’attention sur la nécessité de garantir l’accès à l’éducation des enfants déplacés, les réponses humanitaires à la crise se sont en grande partie concentrées sur l’enseignement primaire, au détriment de l’enseignement secondaire.

Ainsi, un document publié en marge de ce rapport se penche exclusivement sur l’enseignement secondaire et aborde les problèmes spécifiques auxquels il se trouve confronté au regard des situations d’urgence, en particulier dans les pays où les conflits contraignent les enfants à se déplacer. Il poursuit en proposant des solutions à l’intention des pays d’accueil, des bailleurs de fonds et des organisations humanitaires, afin de promouvoir et de garantir l’enseignement secondaire dans les pays touchés par les crises ou les flux massifs de réfugié(e)s.

Le financement: autant un problème qu’une solution

S’ils sont à la source de ces problèmes, le financement et les politiques relatives aux réfugié(e)s constituent également des solutions pour les résoudre, postule le document. A l’échelle mondiale, moins de deux pour cent des fonds levés par les bailleurs sont consacrés à l’éducation en situation d’urgence. A cet égard, l’enseignement primaire se voit largement privilégié par rapport à l’enseignement secondaire. Enfin, il indique que l’allocation de ressources insuffisantes va de pair avec les politiques restrictives relatives aux réfugié(e)s mises en œuvre par les pays d’accueil, qui frappent encore plus durement les enfants à l’heure où ils entrent dans l’adolescence.