L’éducation doit être au cœur du nouveau Pacte mondial pour les migrations, estime l’Internationale de l’Education, soulignant l’importance d’adopter une approche de la migration impliquant l’ensemble de la société aux niveaux local et national.

Les Etats membres des Nations Unies, ainsi que tous les gouvernements, sont tenus de garantir le respect des droits humains de l’ensemble des migrant(e)s. Comme l’a précisé Dennis Sinyolo, de l’Internationale de l’Education (IE), au cours d’un débat sur les perspectives nationales en faveur d’une approche impliquant l’ensemble de la société pour garantir une migration sûre, organisée et régulière: « Ces droits sont inscrits dans les accords et conventions existantes des Nations Unies (ONU) ».

Ce débat s’est tenu durant les auditions multipartites informelles, avant l’adoption du Pacte mondial pour les migrations et la conférence intergouvernementale sur les migrations internationales, le 18 décembre au siège de l'ONU à New York, aux Etats-Unis.

Au cours des auditions, les participant(e)s ont eu l’occasion de discuter de la nécessité d’encourager la coopération et de nouer des partenariats entre les différents acteurs de nos sociétés, notamment la société civile, le secteur privé, les communautés dispersées, les migrant(e)s, les autorités locales et nationales, les écoles et la communauté universitaire, en vue de développer et mettre en œuvre une approche cohérente de la migration, s’appuyant sur la participation de l’ensemble de la société.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajcak, a expliqué: « Nous sommes ici pour examiner l’impact de la migration sur les autorités locales. Nous voulons aller au-delà du niveau national, analyser les exemples de bonnes pratiques au niveau local et voir comment les migrants peuvent apporter leur contribution aux communautés locales, notamment en faisant valoir leurs compétences ».

Il a, en outre, rappelé au public que le processus de négociation intergouvernementale concernant le Pacte mondial pour les migrations serait lancé en février 2018 et a demandé de « rester à l’écoute des différents acteurs, en particulier ceux en charge de la mise en œuvre des lois et politiques migratoires, à savoir le personnel responsable de l’accueil et de la prise en charge des migrants, les enseignants et les autorités ».

Insistant sur le fait que le meilleur moyen de célébrer la Journée internationale des migrant(e)s était de présenter des propositions visant à répondre aux problèmes les concernant directement, il a souligné l’importance d’opter pour une approche impliquant l’ensemble de la société et des gouvernements, centrée sur l’écoute de chacun(e).

Dialogue social 

Le point de départ pour garantir une approche efficace impliquant l’ensemble de la société pour gérer la migration comporte deux volets, a expliqué Sinyolo:

(1) Tous les gouvernements, en ce compris les pays d’accueil et de transit, doivent ratifier et assurer la mise en œuvre pleinement exécutoire des dispositions des Nations Unies et des Conventions de l’Organisation internationale du Travail relatives, entre autres, à la migration et au travail.

(2) Les gouvernements doivent faire en sorte de créer des mécanismes institutionnalisés pour le dialogue social.

Il est d’une importance cruciale, a-t-il souligné, d’engager le dialogue et de mener de véritables consultations avec les travailleurs/euses migrant(e)s par l’entremise des organisations qui les représentent, en particulier les syndicats, étant donné que la plupart d’entre eux/elles sont en quête d’un travail décent.

Les activités de plaidoyer et les actions menées par les syndicats, la société civile et les différents partenaires ne doivent pas être sous-estimées, a indiqué Sinyolo. Ces organisations travaillent sans relâche pour garantir que les migrant(e)s puissent subvenir à leurs besoins fondamentaux et avoir accès aux services publics tels que la santé et l’éducation, voire aux services juridiques, compte tenu de leur statut.

Défendre le droit à l’éducation des migrant(e)s et des réfugié(e)s

L’Internationale de l’Education collabore avec ses affiliés nationaux, les organisations de jeunesse, les étudiant(e)s et les communautés locales dans plusieurs pays européens et ailleurs pour défendre et promouvoir le droit à l’éducation des enfants et des jeunes migrant(e)s et réfugié(e)s, a déclaré Sinyolo.

Les éducateurs/trices et leurs syndicats, a-t-il encore précisé, luttent de longue date pour permettre aux enfants sans papiers d’accéder à une éducation de qualité et mettre un terme à leur détention dans les camps. L’IE a également assuré la formation et le développement professionnel des enseignant(e)s migrant(e)s et réfugié(e)s au niveau local, afin de leur donner les moyens de répondre aux besoins spécifiques des personnes se trouvant dans la même situation, en ce compris l’encadrement psychosocial et la formation linguistique.

« L’éducation représente le meilleur antidote aux fléaux que sont la xénophobie, le racisme et la discrimination, car elle contribue à inculquer et à renforcer les valeurs de respect, de tolérance, de coexistence pacifique et de compréhension mutuelle de la culture d’autrui », a-t-il souligné. L’éducation offre, en effet, la possibilité aux enfants et aux jeunes migrant(e)s et réfugié(e)s d’acquérir les compétences qui leur sont nécessaires dans la vie quotidienne et professionnelle, raison pour laquelle celle-ci doit être au cœur même du nouveau Pacte mondial pour les migrations.

Sinyolo a poursuivi: « L’approche impliquant l’ensemble de la société ne pourra être mise en application qu’à partir du moment où tous les pays et gouvernements décideront de créer un environnement à la fois juridique et socio-économique favorable aux migrants et aux réfugiés. Nous devons nous montrer ambitieux et avancer à grands pas, sans que nul d’entre nous n’abandonne le navire, car la gouvernance mondiale de la migration doit être le fruit de nos efforts mutuels, impliquant l’ensemble des pays d’origine, de transit et de destination. »

Il a clôturé son intervention en rappelant à l'ONU et aux gouvernements la nécessité de continuer à consulter les syndicats et la société civile dans le cadre du processus de négociation intergouvernementale, amenant ainsi le Président de l’Assemblée générale de l'ONU à annoncer qu’il organiserait deux auditions/consultations supplémentaires en février et mai 2018.