Dr Patrick Roach, NASUWT , Secrétaire général adjoint

 La semaine dernière, l’Audit des disparités raciales a malheureusement confirmé ce que bon nombre d’entre nous savaient déjà : les discriminations et autres préjudices de nature raciale sont un phénomène généralisé dans notre système scolaire.

Ce problème demeure toujours d’actualité 30 ans après la publication du premier rapport novateur sur les inégalités raciales dans les écoles – Education pour tous – de Lord Swann.

Ces dernières années, l’intérêt s’est davantage porté sur la situation ou le milieu de l’élève pour évaluer sa performance - une démarche qui, de toute évidence, a été accueillie favorablement. Le rapport s’appuie sur une recherche antérieure qui avait démontré que la performance des jeunes britanniques blancs était inférieure à celle des enfants issus d’autres milieux. 

Certain(e)s affirmeront probablement que, si les enfants MEN (minorités ethniques noires) obtiennent de meilleurs résultats que les enfants britanniques blancs, aucun problème de racisme ne devrait par conséquent faire obstacle à leur inscription dans les universités.

Nous pensons plutôt le contraire.

Nous constatons en effet que les enfants issus de milieux MEN sont au moins trois fois plus exposés au risque de ne pouvoir accéder à l’éducation. Les conclusions des recherches, que l’on ne peut plus ignorer aujourd’hui, révèlent que bon nombre d’élèves MEN sont aujourd’hui à la traîne par rapport à leurs homologues blancs.

Et qu’en est-il des enseignant(e)s MEN ? Nous savons que, à l’instar de tou(te)s les enseignant(e)s, ils/elles sont guidé(e)s par un engagement et une passion dévorante pour amener leurs élèves à atteindre leur plus haut potentiel. 

Mais les traitements inégalitaires demeurent monnaie courante. 

La recherche menée par la NASUWT auprès de ses membres a révélé que :

  • 77 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que leurs rémunérations ne sont pas à la hauteur de leurs compétences et de leurs expériences, par rapport à 66 % pour l’ensemble des enseignant(e)s. 
  • 58 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN ont été victimes de violences verbales, par rapport à 49 % pour l’ensemble des enseignant(e)s. 
  • 52 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que la direction de leur école n’accorde pas suffisamment de crédit à leur travail, par rapport à 39 % pour l’ensemble des enseignant(e)s.
  • 64 % des enseignant(e)s issu(e)s des MEN estiment que la direction de leur école n’accorde pas suffisamment de crédit à leurs points de vue, par rapport à 53 % pour l’ensemble des enseignant(e)s.

Nous observons aussi que les traitements inégalitaires pratiqués au sein de l’école influent sur le bien-être des enseignant(e)s MEN en dehors de l’école, sachant que 53 % d’entre eux/elles ont constaté au cours des 12 derniers mois une dégradation de leur santé physique imputable à leur travail.

Ces diverses inégalités de traitement ont été mises en lumière dans une recherche distincte conduite par notre syndicat et le groupe de réflexion Runnymede Trust, révélant que les enseignant(e)s MEN continuent à être l’objet de discriminations et de harcèlement, sans compter les obstacles à leur progression salariale et à leur perspective de carrière.

Afin que règne une véritable équité au sein des systèmes éducatifs, il nous faut lutter contre la discrimination et l’enrayer partout où elle s’enracine - dans les institutions, parmi ceux et celles qui jouent un rôle dans l’éducation de nos enfants, et auprès de nos enfants eux-mêmes. 

Nous constatons avec consternation que les enseignant(e)s MEN sont confronté(e)s quotidiennement au racisme, à la discrimination, au harcèlement, aux limites imposées à l’évolution de leurs salaires et à la difficulté d’être promu(e)s aux fonctions de direction ou aux postes à responsabilités. Selon nous, ces problématiques restent profondément enracinées, endémiques et institutionnalisées.

Le maillage social se développe souvent à l’image de la situation dans les écoles. Les communautés MEN se déclarent trop souvent marginalisées, exclues ou victimes de la discrimination. 

Les inégalités raciales se sont accentuées suite aux réformes gouvernementales de 2010, garantissant aux écoles davantage de liberté et de flexibilité en termes de recrutement, de rémunération du personnel et de prise de décision concernant le programme scolaire proposé aux élèves. Ces réformes ont également compromis la capacité de l’ensemble du système à prendre des mesures stratégiques pour continuer à avancer. 

Le gouvernement doit assumer sa part de responsabilité en veillant à ce que toutes les écoles répondent à des normes minimales, garantes de l’égalité raciale. Hélas, ce dernier a préféré opter pour la défensive et la dénégation lorsque son bilan a été mis en cause à propos de la situation de l’égalité raciale dans le secteur de l’éducation. Cela doit cesser. 

Les autorités ministérielles doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour garantir que les écoles répondent à des conditions minimales en termes d’égalité raciale pour leurs élèves et le personnel.  

Raison pour laquelle le syndicat d’enseignants britannique NASUWT mène une campagne proactive intitulée Agir pour la justice raciale. En collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, nous sommes déterminé(e)s à combattre le racisme partout où il existe.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a créé une plateforme compilant des ressources éducatives dans différentes langues européennes, afin d’aider les enseignant(e)s et le personnel de l’éducation susceptibles d’aborder des thèmes liés à la question des réfugié(e)s avec leurs élèves.

Ce portail regroupe, entre autres, des bonnes pratiques, des jeux, des programmes pédagogiques, des films et des suggestions de livres:

  • Passages - Un jeu de sensibilisation à la réalité des réfugiés.
  • Jeu des ballons (Balloon Game) - Un jeu court et amusant de sensibilisation aux problèmes que rencontrent les réfugiés dans un nouveau pays.
  • Envers et contre tout - Un jeu en ligne qui met le joueur à la place d’un réfugié devant quitter son pays et braver de nombreux dangers pour gagner la sécurité.
  • Brochure « En quête de sécurité » (Seeking Safety package) - Un programme pédagogique complet développé par Amnesty International, constitué de huit activités qui définissent des concepts de base comme « réfugié », « personne déplacée à l’intérieur » ou « demandeur d’asile ».
  • Chercher refuge (Seeking Refuge) est une série de courts films d’animation de la BBC, dans lesquels des enfants racontent comment ils ont fui leur pays et sont arrivés au Royaume-Uni.
  • Mes rêves pour l’avenir est un livre à télécharger du HCR s’articulant autour de dessins et de témoignages d’enfants réfugiés congolais au Burundi.
  • Une vie en attente (Life on Hold) est un documentaire en ligne interactif sur les réfugiés au Liban, produit par la chaîne d’information Al Jazeera.

Si vous souhaitez consulter davantage de programmes pédagogiques, d’activités d’apprentissage et d’outils de sensibilisation, n’hésitez pas à vous rendre sur le site http://www.unhcr.org/teaching-resources.html.

 

Credits: Province of British Columbia (via flickr)

La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) et l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) ont lancé la deuxième édition de « Voir grand ensemble » à l’occasion du Congrès de l’ACELF, qui se tenait à Calgary (Alberta) du 28 au 30 septembre 2017.

« Ce livret s’adresse à tous les membres de la communauté scolaire dans le contexte de la diversité culturelle qui la caractérise, plus particulièrement les ados, les parents de familles immigrantes ainsi que le personnel enseignant des écoles de langue française », explique le président de la FCE H. Mark Ramsankar.

« Les communautés francophones vivant dans des provinces ou territoires où le français constitue la langue de la minorité fondent de plus en plus d’espoir sur l’immigration pour contrer la décroissance démographique. Ces familles nouvellement arrivées au Canada font maintenant partie de la francophonie canadienne et nous souhaitons tout mettre en œuvre pour qu’elles y trouvent leur place », a-t-il ajouté.

Le guide de dialogue « Voir grand ensemble » a été conçu pour favoriser les échanges autour du thème de la diversité culturelle afin de trouver les solutions ensemble. Il mise sur la force de 14 témoignages personnels comme éléments déclencheurs de l’échange.

Il peut être exploité dans le cadre d’interventions auprès d’adolescents, afin de leur offrir des occasions de mieux se comprendre et de mieux se rendre compte de la diversité culturelle de leur milieu, de parents de familles nouvellement arrivées pour leur présenter des pistes pour mieux appuyer l’intégration de leur enfant dans la communauté francophone et scolaire et enfin, dans le cadre d’interventions auprès du personnel enseignant visant à lui permettre de faire des constats quant aux besoins de la communauté scolaire et de cerner des moyens de faire une place intégrée à la diversité culturelle à l’école.

Une version imprimée du livret peut être obtenue à partir du Catalogue des publications de la FCE.

Une trousse d’animation accompagnant la publication est disponible en ligne.

 
La conférence d'une journée aura lieu le 21 septembre 2017 à Brême. L'événement s’inscrit dans un projet local de renforcement des capacités mené par la branche syndicale de l’Etat de Brême et soutenu par l’Internationale de l’Education.
 
La conférence s’adresse principalement aux enseignant(e)s et aux autres personnels de l'éducation en vue d’examiner l'état et la qualité de l'éducation des réfugiés dans l'État de Brême. Une centaine de participants assisteront à un programme varié, alternant séances plénières et ateliers. Les thèmes abordés comprendront les compétences interculturelles des enseignant(e)s, la lutte contre les préjugés et le partage de bonnes pratiques en matière d’enseignement dans les écoles. Des ateliers parallèles seront organisés concernant les projets de l’organisation « Refugee Council » dans les écoles et l’accès des réfugié(e)s à la formation professionnelle et l’apprentissage.
 
L'inscription à la conférence sera possible dès le début du mois d’août en écrivant un courriel à GEW Bremen (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

Le vendredi 19 mai, l'événement de clôture du projet "Ensemble, c’est possible" a eu lieu à Trapani, en Sicile. Le projet visant à promouvoir des activités d'intégration pour les jeunes réfugié(e)s et les mineur(e)s non accompagné(e)s a été soutenu par l'Internationale de l’Education, en collaboration avec la UIL Scuola et l’IRASE, et mis en œuvre par le Centre d'apprentissage des adultes (CPIA) de Trapani.

Il a impliqué plus de 40 étudiant(e)s et enseignant(e)s, soutenus par une équipe pluridisciplinaire composée d’un psychologue, un médiateur culturel et un éducateur, afin de mieux affronter les défis liés à l'intégration et à la communication interculturelle.

"Le projet - explique Giuseppe Termini, le coordinateur local du projet et secrétaire provincial du syndicat UIL Scuola - a été réalisé selon trois axes: activités de formation des enseignants, activités de tutorat effectuées par l'équipe de soutien spécialisée concernant la communication interculturelle et interreligieuse, ainsi que le développement de programmes de formation professionnelle pour les étudiants à travers des ateliers de cuisine et d'électricité. Les retours que nous avons reçus sont très positifs, d'une part, il a été utile pour les enseignants qui ont pu améliorer leurs compétences interculturelles et d'autre part, ces activités ont permis aux étudiants d’accéder à de nouvelles opportunités de formation professionnelle avec un soutien dédié pour se familiariser avec les activités."

Une vidéo (en italien) présentant les activités et les résultats du projet a été produite et projetée pendant l'événement.