En amont de la réunion de haut niveau sur les réfugié(e)s et les migrant(e)s qui se tiendra en septembre prochain à New York, l’Internationale de l’Education a rejoint au siège de l’ONU les syndicats mondiaux et la société civile afin de défendre les enfants et des éducateurs/trices.

Le 18 juillet, les Nations Unies (ONU) ont préparé le terrain en vue de la réunion de septembre en organisant des auditions informelles convoquées par le Président de l’Assemblée générale.

Ces auditions visaient à consulter la société civile en prévision du Sommet de haut niveau sur la gestion des grands mouvements des migrants et des réfugiés, qui se tiendra le 19 septembre 2016 au siège des Nations Unies, à New York. L’Internationale de l’Education (IE) sera de la partie à l’automne.

Dennis Sinyolo, Coordinateur senior de l’Unité de l’Education et de l’Emploi de l’IE, a pris la parole au cours de ces auditions informelles pour appeler les Etats membres des Nations Unies à protéger les droits humains des réfugié(e)s et des migrant(e)s. « Nous devons combattre les injustices humaines et promouvoir les droits humains », a-t-il affirmé. Il a également appelé l’ONU et ses Etats membres à lutter contre la discrimination, le racisme et la xénophobie, et à promouvoir les libertés et droits fondamentaux des réfugié(e)s et des migrant(e)s.

En outre, il a exhorté les gouvernements à ratifier et à mettre en œuvre les conventions de l’ONU et de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relatives aux migrant(e)s et aux réfugié(e)s, et en particulier la Convention internationale des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, les conventions 97 et 143 de l’OIT sur les travailleurs migrants et la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés.

L’attention des Etats membres des Nations Unies a été attirée sur la situation des enfants et des enseignant(e)s réfugié(e)s et migrant(e)s, ainsi que sur le manque d’accès des jeunes à une éducation de qualité dans les pays d’accueil et de transit. « L’incapacité des pays d’accueil à offrir une éducation de qualité aux enfants réfugiés et migrants est en train de créer une génération perdue », a déploré Dennis Sinyolo.

Lors de son intervention, Sonja Hall, la Responsable de l’Education de la NASUWT (un affilié de l’IE au Royaume-Uni), a exprimé son inquiétude au regard du recours au secteur privé pour assurer l’éducation des réfugié(e)s et des migrant(e)s. Elle a fait valoir les intérêts corporatistes et lucratifs des établissements privés. Elle a également affirmé que les fameuses écoles privées à bas coût mettaient à mal l’engagement international d’offrir un enseignement primaire et secondaire gratuit.

De l’avis de l’IE, l’éducation permet de doter les enfants et les jeunes réfugié(e)s des connaissances, des compétences et des valeurs indispensables à la réussite de leur intégration, ainsi qu’à leur épanouissement personnel et professionnel. Elle promeut des valeurs fondamentales telles que la compréhension interculturelle, la citoyenneté mondiale, les droits humains et la démocratie. Dennis Sinyolo a exhorté les gouvernements des pays d’accueil à reconnaître les qualifications des enseignant(e)s migrant(e)s et réfugié(e)s et à investir dans la formation et le développement professionnel des éducateurs/trices, afin de leur permettre de répondre aux besoins d’apprentissage spécifiques des enfants et des jeunes réfugié(e)s et migrant(e)s.

Au mois de novembre, l’IE tiendra une conférence à Stockholm, organisée par son affilié Lärarförbundet, qui portera sur le rôle de l’éducation et des éducateurs/trices pour répondre à la crise des réfugié(e)s en Europe et dans les pays voisins. 

Le 7 Juin 2016, la Commission européenne a publié une communication intitulée "Plan d'action pour l'intégration des ressortissants de pays tiers".

Le CSEE (la région européenne de l'Internationale de l'Education) a salué le fait que la communication met l'accent sur l'importance de l'éducation et le rôle des enseignant(e)s dans l'intégration des migrant(e)s et des réfugié(e)s:

Promouvoir le recrutement d'enseignant(e)s issu(e)s de l'immigration et fournir aux enseignant(e)s et personnels administratifs les compétences nécessaires à la bonne gestion de la diversité dans les écoles et à l'intégration des réfugié(e)s et des migrant(e)s est essentiel. Néanmoins, l'initiative de la Commission européenne ne propose pas d’investissement durable, ni un mécanisme de soutien global aux écoles et aux enseignant(e)s par rapport à ces questions. Le fait que l'initiative n’aborde pas la question du financement durable, mais uniquement des solutions d'investissements privés et temporaires pour le soutien de réfugié(e)s est un motif important de préoccupation.

L’importance de l’éducation de la petite enfance comme outil d'intégration pour les familles est souligné à juste titre, mais le secteur fait face à une privatisation accrue dans plusieurs pays de l'Union Européenne.

Les enseignant(e)s ont besoin de formation initiale et continue pour être en mesure d'offrir à leurs élèves une éducation inclusive. En outre, il est urgent de mettre en oeuvre un investissement financier conséquent afin de recruter de nouveaux enseignant(e)s et d'assurer qu'ils/elles le soient dans des conditions qui garantissent un emploi stable, sûre et durable; de reconnaître les qualifications des enseignant(e)s migrant(e)s et réfugié(e)s et de garantir une adéquate rémunération des enseignant(e)s pour le soutien individualisé supplémentaire qu’ils/elles doivent fournir.

«La médiocrité du statut des enseignant(e)s constatée dans trop de pays d'Europe, compte tenu de salaires et conditions de travail inadéquates, affecte l’attractivité de la profession et le maintien dans la profession, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’intégration des migrant(e)s et des réfugié(e)s dans le système éducatif et ensuite, le marché du travail», a déclaré Martin Rømer, directeur du CSEE. «Améliorer le statut des enseignant(e)s est fondamental pour attirer plus de professionnels hautement qualifiés dans une profession vieillissante », a-t-il ajouté.

Le CSEE se félicite du fait que la communication souligne le rôle des partenaires sociaux à travailler ensemble avec la Commission et les gouvernements dans le cadre de cette initiative, mais a souligné que le dialogue social efficace avec les syndicats d'enseignant(e)s doit être renforcé. Les syndicats d’enseignant(e)s ont oeuvré en vue de soutenir l’apprentissage des réfugié(e)s et des migrant(e)s, par conséquent, leurs actions et leur implication dans l'élaboration de solutions doivent être davantage soutenues.

Crédits photo: DFID - Département britannique pour le développement international / Wikimedia Commons.

Le 20 Juin, les confédérations syndicales italiennes CGIL, CISL et UIL ont uni leurs forces pour pointer du doigt la situation préoccupante des mineur(e)s non accompagné(e)s en Italie et en Europe. Investir dans des services publics de qualité, notamment à travers la formation de professionnel(le)s qualifié(e)s, est essentiel afin d’offrir à ces enfants l'assistance dont ils/elles ont besoin.

Les trois syndicats ont interpellé les autorités italiennes et communautaires dans une lettre ouverte, appelant au respect des droits de l'homme pour tous, y compris les réfugié(e)s et en particulier, les mineur(e)s non accompagné(e)s:  

"Environ 50.000 personnes ont débarqué sur nos côtes cette année, plus de 7000 sont des mineur(e)s non accompagné(e)s, le double par rapport à l’année 2015 selon l'UNICEF. Ces enfants et adolescent(e)s ont dû faire face à des risques épouvantables pour venir en Europe, et notamment la traversée du désert du Sahara, en proie à la privation et à la violence. Ils/elles ont ensuite été chargé(e)s sur des embarcations de fortune et des bateaux pneumatiques et abandonné(e)s à leur sort par les trafiquants. Beaucoup n’y ont pas survécu et ont disparu en Méditerranée - avec 2.800 migrant(e)s mort(e)s noyé(e)s au cours des cinq premiers mois de l’année 2016; d'autres font face à de nouvelles difficultés dans les centres d'accueil, loin de leurs familles et avec pour seul horizon un avenir incertain.

C’est à eux/elles que les syndicats italiens veulent consacrer la Journée mondiale des réfugié(e)s, demandant à l'Italie et à l'Europe d'établir des couloirs humanitaires pour ces jeunes réfugié(e)s, de créer pour eux des ponts plutôt que des murs, leur offrant une fois arrivé(e)s en Europe, une voie concrète permettant leur admission et la protection de leurs droits fondamentaux, afin d’atténuer autant que possible les conséquences des souffrances que ces enfants ont vécus, à commencer par la perte de leurs familles.

Par-dessus tout, nous devons empêcher que ces mineur(e)s disparaissent, comme ce fut malheureusement le cas par le passé pour environ 10 000 d'entre eux, car la disparition d'un enfant peut déboucher sur la traite d’êtres humains, l'esclavage moderne, le trafic d'organes et la violence.

Nous voulons également dédier ce jour aux 20 enfants qui sont morts de soif cette semaine à Assamaka, dans le désert du Niger. Ils rêvaient d'un nouvel avenir et ont subi la pire mort. Car il faut mettre fin à cela, l'Europe doit abandonner une logique égoïste et hypocrite, et ouvrir ses portes à ceux qui fuient la guerre, la pauvreté et le désespoir. CGIL, CISL, UIL demandent au gouvernement italien et à l'Union Européenne d’aller au delà d’une réponse uniquement humanitaire et expriment leur profonde préoccupation concernant la dérive culturelle et éthique constatée vis-à-vis de l’accueil des mineur(e)s non accompagné(e)s et qui les exposent à la ségrégation et la marginalisation".

 

A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugié(e)s le 20 juin dernier, des milliers de personnes sont descendues dans la rue dans plus de 50 localités partout dans le pays, afin de défendre les droits des réfugié(e)s et dénoncer la politique d’asile et d’immigration de l’Union Européenne. Quelques jours plus tôt, le 14 juin, des représentants syndicaux, de la société civile et du monde de la culture s’étaient réunis à Madrid pour appeler la population à prendre part en masse aux manifestations du 20 juin. 

En tête du cortège de Madrid, Fernández Toxo, Secrétaire Général de CCOO et Pepe Álvarez, Secrétaire Général de UGT, ainsi que des représentants des autres organisations participantes et des réfugié(e)s et migrant(e)s, ont brandi une bannière sur laquelle on pouvait lire « SOS réfugiés, un refuge pour les droits ».

« Nous devons mettre fin à ce drame qui est en train de transformer la Méditerranée en une fosse commune, dans laquelle sont en train de sombrer non seulement des personnes mais aussi les valeurs d’une Europe démocratique et fondée sur les droits », a déclaré F. Toxo dans son intervention inaugurale. Il a aussi dénoncé le récent accord Union Européenne-Turquie, demandant au gouvernement espagnol de ne plus le soutenir. 

Le cortège a pris fin à Puerta del Sol où l’actrice et réalisatrice, Amparo Climent, a lu un manifeste exigeant un profond changement des politiques d’immigration et d’asile de l’Union Européenne, afin de mettre au centre les droits des réfugié(e)s et d’assurer des voies d’accès sûres au continent pour les personnes fuyant les persécutions et la guerre.

Classroom scene at the Hawa Abdi Centre for Internally Displaced Somalis

Le 20 juin, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugié(e)s, l'Internationale de l'Education exhorte les gouvernements à protéger les droits des réfugié(e)s, y compris le droit à l'éducation, et permettre au corps enseignant de développer et offrir une éducation de qualité, afin de promouvoir une intégration rapide des réfugié(e)s dans leurs pays d'accueil.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 65.3 millions de personnes ont été "déplacées de force" en 2015, dont 21,3 millions de réfugié(e)s et 3,2 millions de demandeurs/ses d'asile. On estime que 12,4 millions de personnes ont été déplacées en raison de conflits ou de persécutions, tandis que le nombre de demandes d'asile de mineur(e)s non accompagné(e)s a triplé en un an pour atteindre un record de 98.400.

L'Internationale de l'Education appelle tous les gouvernements à adopter une approche fondée sur les droits des migrant(e)s et des réfugié(e)s, conformément au contenu de la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, la Convention de l'Organisation internationale du Travail sur les travailleurs migrants (C97 et C143) et la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

A l'occasion de la Journée mondiale des réfugié(e)s, l'IE attire particulièrement l'attention sur le sort des enfants réfugiés qui constituent le plus grand groupe de personnes déplacées de force dans le monde entier. Ils sont particulièrement sujet au travail forcé, au mariage juvénile, à l'exploitation sexuelle, au recrutement par des milices armées et autres violations de leurs droits, en vertu de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (Septembre 1990).

L'Internationale de l'Education appelle tous les gouvernements, en particulier ceux des pays qui accueillent des réfugié(e)s, à tout mettre en oeuvre pour empêcher l'exploitation des enfants réfugiés, développer des programme éducatifs adaptés comprenant des cours de langue, d'éducation civique, des formations professionnelles et une aide psychologique, et leur permettre d'avoir au système éducatif national.

L'Internationale de l'éducation organisera une conférence internationale sur l'éducation des enfants réfugiés du 21 au 22 Novembre 2016 à Stockholm, en Suède. La conférence, qui réunira des syndicats d'enseignant(e)s, des enseignant(e)s et autres experts provenant de pays européens et du Moyen-Orient connaissant un afflux important d'enfants réfugiés, abordera les défis politiques et professionnels à relever afin de garantir leur droit à une éducation de qualité, conformément à l'objectif de développement durable n°4 adopté par l'ONU en Septembre 2015.