L’Internationale de l’Education ainsi que des représentants des affiliés de l’IE en Espagne et en Italie ont pris part à une conférence de haut-niveau organisée à Rome le 15 juin, par la Confédération européenne des syndicats (CES) avec le soutien des trois syndicats italiens CGIL, CISL et UIL. 

Cette Action Syndicale pour les Réfugié(e)s a permis de rassembler des leaders et représentants syndicaux de 22 pays européens, ainsi que des représentants de la commission européenne, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, du Comité Economique et Social Européen et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.

Plus de 25 responsables syndicaux ont pris la parole, afin de souligner la position des syndicats en faveur d’une réponse humanitaire et européenne aux nombreux hommes, femmes et enfants qui fuient la guerre et sont à la recherche d’un refuge dans l’UE.

Ils ont en particulier mis l’accent sur l’appel lancé par les syndicalistes européens à l’UE et à ses états membres en vue : 

  • de soutenir les individus et organisations qui œuvrent en vue d’offrir aux demandeurs/ses d’asile une vie sûre et décente en Europe;
  • d’attribuer un financement européen aux pays recevant des réfugié(e)s;
  • d’ouvrir des voies légales et sûres aux demandeurs/ses d’asile et de cesser de payer la Turquie pour échapper à leurs propres obligations internationales;
  • d’intégrer les réfugié(e)s dans le marché du travail, en assurant un salaire égal et des conditions de travail égales aux travailleurs/ses locaux/les et autres;
  • d’investir dans les services publics et la croissance économique, dans l’intérêt des communautés locales et pour le bien de chacun, quelle que soit sa nationalité.

Dans son introduction, Luca Visentini, le Secrétaire Général de la CES, a rappelé les gouvernements européens à leurs responsabilités envers les demandeurs/ses d’asile et réfugié(e)s arrivant en Europe, en vertu de leurs obligations internationales, qualifiant « d’inhumain » le récent accord Union Européenne-Turquie. Il a aussi rendu hommage à l’engagement et au professionnalisme des agents de la fonction publique venant en aide aux migrant(e)s dans les difficultés quotidiennes qu’ils/elles rencontrent à leur arrivée.

Susanna Camusso, Secrétaire Générale de la CGIL (Italie), a mis en avant l’importance pour les mineur(e)s d’intégrer le plus vite possible des parcours de formation dans leur pays d’accueil et la nécessité de politiques éducatives adéquates afin de rompre l’isolement des communautés migrantes, qui alimente la peur et les préjugés.

Dans son intervention, Philippe Martinez, Secrétaire Général de la CGT (France), a souligné que l’accueil, la formation et l’emploi sont les domaines dans lesquels les syndicats peuvent apporter une contribution significative.

Enfin, Annamaria Furlan, Secrétaire Générale de la CISL (Italie), a quant à elle souligné que la mission des syndicats dans ce domaine va au-delà de la formulation de revendications et qu’elle consiste notamment à « mobiliser les cœurs et les esprits afin de promouvoir une culture de solidarité ».

Les responsables syndicaux européens ont adopté une déclaration intitulée “Le mouvement syndical européen réclame une assistance humanitaire et des droits humains pour les réfugiés”.

 

 

Accueilli par la Turquie, le sommet, tenu les 23 et 24 mai, réunissait la communauté internationale afin de réaffirmer la solidarité envers les peuples en situation de crise.    

Selon les organisateurs/trices de l’événement, les besoins humanitaires atteignent aujourd’hui un niveau inégalé depuis la Seconde Guerre mondiale. Cent vingt-cinq millions d’individus ont besoin d’une aide humanitaire depuis le début de l’année 2016. Plus de 60 millions de personnes ont été déplacées par la force.  

Le syndicat Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW), affilié allemand de l’Internationale de l’Education, est co-signataire d’une lettre ouverte de la German Global Campaign for Education (GGCE) à l’attention de la Chancelière allemande Angela Merkel, du ministre fédéral des Affaires étrangères Steinmeier et du ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement Müller. Le courrier invite le gouvernement allemand à défendre l’importance de l’éducation au cours du sommet et à démontrer son engagement en garantissant un financement adéquat.  

Les signataires rappellent au gouvernement que « le droit à l’éducation vaut pour toute personne et à tout moment – y compris en temps de catastrophes, de crises et de conflits ». Ils défendent un accès libre et non discriminatoire à l’éducation, au profit des enfants affectés par des situations d’urgence. Comme le revendique le courrier, « offrir cette chance à chaque enfant est une réponse importante et nécessaire à la crise des réfugiés dans le monde ».  

La GGCE se félicite du fait que le gouvernement allemand considère la promotion de l’éducation comme l’un des piliers de sa politique en matière de questions humanitaires et à l’égard des réfugié(e)s. Le syndicat estime toutefois que la démarche ne devrait pas se limiter à des efforts bilatéraux mais prendre une dimension multilatérale coordonnée.    

Avec la création du fonds Education Cannot Wait dans le cadre du sommet à Istanbul, les signataires demandent que les investissements du gouvernement allemand répondent à certains des défis les plus poignants posés à l’éducation en période de crise:    

  • Plus de 75 millions d’enfants âgés de 3 à 18 ans n’ont pas accès à l’éducation en raison de catastrophes telles que les crises et les conflits
  • Plus de la moitié des enfants syriens vivant comme réfugiés dans des pays voisins ne sont pas scolarisés  
  • Selon l’Overseas Development Institute (ODI), au moins 8,5 milliards de dollars américains sont nécessaires pour permettre aux 75 millions d’enfants déscolarisés d’accéder à l’éducation
  • Ces 10 dernières années, 2 pour cent à peine des ressources mobilisées dans le contexte de l’aide humanitaire étaient destinés à l’éducation.  

La GGCE appelle à un investissement « proportionnel à la puissance économique de l’Allemagne » d’au moins 50 millions d’euros au profit du fonds Education Cannot Wait. Elle demande à ce que cette enveloppe soit ajoutée aux ressources existantes en faveur de l’aide humanitaire, et non déduite de ces dernières.

Face à l’arrivée constante de dizaines de milliers de réfugié(e)s demandeurs/euses d’asile en Europe, le syndicat de l’enseignement allemand Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW), affilié de l’Internationale de l’Education (IE), élabore une stratégie visant l’inclusion des adultes dans la société et sur le marché du travail.

Dans une déclaration publiée sur son site web, le GEW met le cap sur le financement de programmes d’intégration novateurs qui incluraient la formation linguistique ainsi que l’enseignement professionnel et universitaire et l’éducation politique.

Selon les données fournies par l’Institut allemand de recherche sur le marché du travail et les professions (IAB), 46 pour cent des adultes recensés en 2015 avaient suivi un enseignement secondaire ou supérieur. Un adulte sur quatre n’avait jamais eu accès à la scolarité ou uniquement à l’enseignement primaire. Vingt-six pour cent avaient suivi un cursus professionnel ou technique.

Le GEW a ainsi décelé un potentiel considérable en matière d’enseignement supérieur et postscolaire à travers ces nouvelles arrivées.

Le syndicat insiste également sur le fait que l’intégration sur le marché du travail elle-même exige des mesures visant à encourager l’acquisition de compétences linguistiques et de diplômes habilitants. Pour reprendre les termes de la déclaration, « le succès d’une politique d’intégration suppose l’adoption, d’une part, de mesures adaptées au groupe cible à l’échelle régionale, à combiner ensuite de façon cohérente au sein d’un seul et même programme à l’échelle nationale ».

Le groupe de travail sur l’éducation des adultes du GEW a par ailleurs souligné que la qualité et le succès d’un programme d’intégration dépendaient de la qualité des conditions de travail des personnes intervenant afin de dispenser la formation, une fois encore en associant ces programmes à la question de leur financement adéquat.

 

 

La plateforme électronique pour l'éducation des adultes en Europe (Electronic Platform for Adult Education in Europe - EPALE) organise du 25 au 29 avril 2016, la Semaine de l'éducation des migrants, afin de nourrir les débats et discussions en cours concernant le rôle de l'éducation des adultes dans l'intégration et le développement des compétences des migrants.

Les participants peuvent contribuer à cet évènement en publiant sur le site internet d'EPALE des resources éducatives, blogs, billets, annonces d'évènements, actualités, etc concernant l'éducation des migrants.

EPALE offre aussi la possibilité aux participants de contribuer à des discussions en ligne (en anglais) où ils pourront échanger leurs expériences, idées et pratiques concernant l'éducation des migrants en Europe. A l'ordre du jour:

  • 26 avril : Partage d'expériences concernant l'éducation des adultes provenant de différentes communautés de migrants dans votre pays
  • 27 avril : Défis et obstacles rencontrés par les migrants pour accéder à l'éducation et achever leurs études
  • 28 avril : Solutions pour soutenir l'accès à des programmes d'apprentissage pour adultes et la réussite des apprenants ayant un profil migrant 
  • 29 avril : Le résumé des trois discussions sera publié sur le site internet d'EPALE.

Plus d'informations concernant la Semaine de l'éducation des migrants sont disponibles à cette adresse (en anglais).

 

Source: http://www.csee-etuce.org/en/news/archive/1466-migrant-education-week-25-29-april-2016

Le 9 mars 2016, la Commission européenne a publié une nouvelle étude sur la diversité au sein de la profession enseignante en Europe, s’intéressant plus précisément aux enseignants issus de la migration et/ou de groupes minoritaires.

En ce qui concerne la diversité au sein du personnel enseignant, les données disponibles sont insuffisantes pour établir la situation des enseignants issus la migration ou de groupes minoritaires dans les différents Etats membres de l’Union européenne. Ces lacunes sont dues aux réglementations en matière de protection des données, ou au fait que cette question ne soit pas considérée comme un domaine d’intérêt prioritaire sur le plan politique. Par ailleurs, les indicateurs utilisés manquent de cohérence. Bien qu’elles soient limitées, les données disponibles suggèrent néanmoins que les enseignants migrants, en service ou en formation initiale, demeurent sous-représentés par rapport à la diversité observée chez les apprenants. La diversité au sein du personnel enseignant apparaît plus marquée dans l’enseignement préprimaire, en comparaison des autres niveaux de l’enseignement. Cette diversité relativement limitée au sein du personnel enseignant s’explique vraisemblablement par les barrières auxquelles se heurtent les enseignants migrants au cours de leur carrière. Le rapport identifie précisément les obstacles, à la fois transversaux et cumulatifs, que doivent surmonter les enseignants migrants pour accéder à la formation initiale (barrières linguistiques), achever ce volet de leur formation (manque de groupes d’encadrement culturel et social à ce stade), entrer dans la profession (recrutement discriminatoire) et poursuivre leur carrière dans l’enseignement (discrimination sur le lieu de travail). Après avoir passé au crible 67 mesures, initiatives et politiques visant à promouvoir la diversité au sein de la communauté éducative, le rapport arrive à la conclusion que la majorité d’entre elles n’ont pas été mises en œuvre uniquement pour renforcer la diversité au sein du personnel enseignant mais également pour atteindre d’autres objectifs. Bien que toutes ces mesures, initiatives et politiques aient pour but de lever ces obstacles qui empêchent les enseignants migrants de franchir les jalons importants de leur carrière, on observe cependant de grandes différences entre les Etats membres en ce qui concerne les efforts déployés pour renforcer la diversité au sein des effectifs. En général, les pays enregistrant une diversité plus importante au sein de leurs communautés estudiantines consentent davantage d’efforts dans ce domaine. D’autre part, cette étude de la Commission européenne montre que l’analyse de l’efficacité de ces mesures, initiatives et politiques demeure limitée.

Pour télécharger le rapport intégral, cliquez ici.

Source: http://www.csee-etuce.org/fr/actualites/archive/1437-diversity-in-the-teaching-profession-2