Ce rapport publié le 31 mars 2016 met l’accent sur le rôle que joue l’éducation dans l’intégration économique des migrants. Il établit une comparaison entre les résultats scolaires obtenus par les première et deuxième générations de migrants et ceux des étudiants originaires d’Europe.

Condensé de preuves empiriques, ce rapport révèle que, abstraction faite des variations importantes observées entre pays, la première génération de migrants venue s’installer en Europe possède un niveau d’études inférieur à celui des européens de souche. Il indique néanmoins que cette disparité en matière d’éducation est moindre pour la deuxième génération de migrants, laquelle se montre plus performante dans certains pays que les étudiants originaires d’Europe. Dans plusieurs Etats européens, ces écarts de niveaux peuvent être attribués à des facteurs tels que les différentes situations socio-économiques qui entourent les élèves ; dans d’autres, les paramètres déterminants vont au-delà du cadre purement social et économique et sont donc beaucoup plus difficiles à cerner. Plusieurs études mettent en avant l’influence significative des compétences linguistiques sur les résultats scolaires et l’intégration des migrants. D’autres facteurs d’ordre institutionnel tels que l’accès à l’éducation préscolaire, la combinaison des caractéristiques démographiques des élèves et des enseignants, ou encore la séparation des élèves entre différentes filières, sont également analysés. Les recherches montrent notamment que le recrutement d’enseignants issus de la migration peut se révéler un atout pour les élèves migrants, dans la mesure où ils se retrouvent face à un modèle d’intégration positif. Le rapport souligne également l’importance significative de la composition des classes, mettant en lumière toute une série d’observations démontrant l’incidence de l’interaction entre élèves migrants et originaires d’Europe sur les performances scolaires. Plusieurs études laissent apparaître que le regroupement des élèves migrants entraîne un effet négatif sur leurs performances. Le dernier volet du rapport présente différentes politiques ayant pour objectif de combler les différences de niveaux entre élèves migrants et originaires d’Europe. Le rapport souligne l’importance de l’éducation pour atténuer les réticences qu’affichent certains ressortissants européens vis-à-vis des migrants, et faciliter ainsi leur intégration.

Pour télécharger le rapport intégral, cliquez ici.

Source: http://www.csee-etuce.org/fr/actualites/archive/1436-education-as-a-tool-for-the-economic-integration-of-migrants-2 

Les politiques migratoires, la montée de la xénophobie à l’échelle internationale, les indicateurs des objectifs du développement durable se rapportant aux migrant(e)s et à la migration, et un sommet mondial sur la migration ont été les principaux points abordés à l’occasion de la réunion de coordination des Nations Unies sur les migrations internationales (25-26 février 2016). 

L’Internationale de l’Education (IE) a activement participé à la réunion organisée à New York, aux Etats-Unis. Plusieurs participant(e)s ont, à cette occasion, exprimé leurs préoccupations sur le fait que quelques pays accueillent un grand nombre de réfugié(e)s et de migrant(e)s tandis que d’autres, nombreux, renforcent leurs contrôles aux frontières. Le Vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a souligné le besoin de mener des mesures de sensibilisation à la Convention de Genève et au respect du droit humanitaire. Il a également mis en lumière le besoin d’intervenir sur le « lien dynamique » entre le développement et la migration. Les Etats membres doivent adhérer aux conventions et aux traités existants ainsi qu’à la  Charte des Nations Unies, a-t-il déclaré.

Les participant(e)s ont débattu de la montée de la xénophobie, et notamment du rôle des médias dans la diffusion des opinions xénophobes. Les données présentées indiquent une plus grande intolérance et une violence croissante vis-à-vis des migrant(e)s et des réfugié(e)s, en particulier en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen Orient. Les débats ont également porté sur les mesures qu’il convient de prendre afin de lutter contre la xénophobie et le racisme à l’égard des migrant(e)s et des réfugié(e)s. Tou(te)s les participant(e)s ont reconnu le rôle essentiel que peut jouer l’éducation dans la lutte contre les préjugés et la discrimination, la promotion de l’égalité et la création d’un climat favorable à l’inclusion. 

A l’occasion d’une réunion parallèle avec les représentants de l’IE et de l’Internationale des services publics, François Crépeau, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’Homme des migrants,  a évoqué la pertinence de l’objectif du développement durable 8 (croissance économique soutenue, inclusive et durable, plein emploi productif et travail décent pour tous). Il a souligné que les questions relatives au travail décent et les conventions collectives étaient essentielles en vue de la réinstallation réussie des migrant(e)s et des réfugié(e)s.

Au cours de la table ronde, Jill Christianson de la National Education Association des Etats-Unis a attiré l’attention sur le portail Web de l’IE dédié à la migration des enseignant(e)s et les Résolutions du Congrès mondial de l’IE relatives à la migration, aux réfugié(e)s et aux apatrides. Elle a également souligné le rôle des éducateurs/trices dans la conduite des initiatives de lutte contre la xénophobie et le racisme.

Sonja Hall de la National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers (NASUWT) du Royaume-Uni a également présenté certaines mesures menées par le syndicat afin de soutenir les réfugié(e)s et les migrant(e)s. Elle a indiqué que l’IE et la NASUWT souhaitaient que les Nations Unies prennent plusieurs mesures, notamment l’inclusion des syndicats dans la prise de décisions stratégies relatives à la mise en œuvre des objectifs du développement durable, la reconnaissance de la contribution particulière que peuvent apporter les syndicats de l’éducation et l’élargissement des indicateurs relatifs à l’objectif 4 du développement durable, le seul objectif se rapportant aux enseignant(e)s.

Source: http://www.ei-ie.org/fr/news/news_details/3895

Avec l’Allemagne comme toile de fond de cette rencontre annuelle entre syndicats d’enseignants et ministres de l’éducation, le sort des enfants réfugiés et leur scolarisation sont devenus un thème central du Sixième Sommet international sur la profession enseignante (Berlin, 3-4 Mars 2016).

Le Sixième Sommet International sur la profession enseignante (ISTP, sigle en anglais) a bien pour thème officiel  « la formation et le développement professionnels des enseignant(e)s: créer les conditions nécessaires pour parvenir à une éducation de qualité et aboutir à des résultats excellents », pourtant l’attention des syndicats d’enseignants et des ministres de l’éducation qui y participent s’est tournée vers la crise des refugié(e)s.

« Lorsque les enseignantes et enseignants sont dans leurs classes, ils n’enseignent pas à une catégorie d’élèves qui portent l’étiquette  'réfugiés', ils enseignent à des enfants, des enfants qui ont subi des traumatismes que la plupart d’entre nous ne peuvent imaginer », a déclaré le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE) Fred van Leeuwen dans ses remarques liminaires puissantes. Son discours s’appuie sur des visites qu’il a effectuées dans des écoles de Berlin,  de façon à pouvoir observer personnellement les classes de bienvenue qui accueillent les enfants réfugiés. Van Leeuwen, qui a été profondément ému par les enfants qu’il a rencontrés, s’est souvenu d’une « petite fille Syrienne originaire d’Alep qui nous a dit hier qu’elle voulait devenir professeur d’anglais ».

Les membres affiliés de l’IE, le GEW et le VBE, ont organisé les visites de façon à ce que les délégations des syndicats d’enseignants puissent voir comment s’opère l’intégration des enfants réfugiés dans les écoles en Allemagne.

Le leadership enseignant, un thème constant lors des Sommets, a revêtu une importance majeure en Allemagne depuis que plus de cent mille enfants réfugiés ont été accueillis dans les écoles en 2015.

« L’un de nos dirigeants syndicaux dans ce pays a reçu des menaces de mort pour avoir défendu l’éducation des enfants réfugiés. Si cela ne représente pas un exemple exceptionnel de leadership, le terme que nous aimons utiliser dans ces sommets, alors je ne sais pas ce qu’il définit », a poursuivi van Leeuwen.

Source: http://www.ei-ie.org/fr/news/news_details/3890

 

 

 

Le syndicat de l’éducation finlandais OAJ, regroupant plus de 120 000 membres et représentant près de 95 % des enseignants du pays, a récemment lancé une publication sur l’intégration des réfugiés et de migrants au sein des systèmes d’éducation, intitulée Kotoutumiskompassi (Trad. : Orientation pour l’intégration). L’IE/CSEE a demandé à Mme Päivi Lyhykäinen, Conseillère spéciale de l’OAJ pour l’éducation, d’expliquer l’incidence de cette publication, ainsi que son utilisation au sein de l’éducation. 

IE/CSEE : Quelles sont les raisons à l’origine du lancement de cette publication ?

OAJ : Nos syndicats souhaitent promouvoir le multiculturalisme et la tolérance en Finlande, assumer leurs responsabilités au niveau mondial et favoriser la formation des enseignants aux aspects multiculturels de nos sociétés. Les immigrants sont arrivés massivement en Finlande il y a 20-25 ans et se sont installés principalement dans les grandes villes. Toutefois, depuis la « crise des réfugiés » de l’automne dernier, les politiques migratoires font, aujourd’hui, davantage partie des préoccupations nationales.

Nous avons décidé de soumettre nos propositions au gouvernement et aux municipalités pour faciliter l’intégration au travers de l’éducation. Les propositions concernent tous les niveaux de l’enseignement, depuis l’éducation de la petite enfance jusqu’à la formation des adultes, en insistant tout particulièrement sur l’enseignement du finnois et du suédois, langues officielles de la Finlande.

IE/CSEE : A qui s’adresse la publication de l’OAJ sur l’intégration des réfugiés et des migrants et qui peut l’utiliser ?

OAJ : Au travers de cette publication, nous cherchons à interpeller le gouvernement et les responsables politiques finlandais, le Conseil national de l’éducation finlandais, le ministère de l’Education et de la Culture, les départements locaux en charge de l’éducation et, bien entendu, les enseignants. Nous souhaitons nous exprimer à propos de la formation des enseignants. La publication concerne le système éducatif et les enseignants finlandais, mais il est possible de faire valoir ces propositions dans d’autres pays.

IE/CSEE : Comment expliquez-vous que le gouvernement et les médias finlandais aient réservé un accueil à ce point favorable à votre publication ?

OAJ : L’automne dernier, l’arrivée massive de réfugiés a suscité toute une série de polémiques autour de l’intégration des migrants. Le lancement de notre publication était donc tout à fait opportun. La Finlande accueille de longue date des immigrants et les enseignants ont mis au point d’excellentes méthodes pédagogiques. Nous avons activement cherché à recueillir des informations auprès des enseignants concernant leurs méthodes, leurs expériences et les problèmes rencontrés. Nous avons souhaité rendre leurs points de vue publics et soutenir leur travail avec les immigrants. De plus, nous avons identifié bon nombre de domaines à améliorer dans l’organisation de l’enseignement aux immigrants et nous avons souhaité proposer nos solutions aux instances dirigeantes.

IE/CSEE : Quelles sont les principales recommandations que vous souhaiteriez adresser aux enseignants et au gouvernement concernant l’intégration scolaire des migrants et des réfugiés ?

OAJ : Notre feuille de route pour l’intégration sociale présente 9 thématiques principales, accompagnées chacune de plusieurs propositions d’action, dont voici les plus importantes :

  1. L’intégration scolaire des adultes doit être mise en œuvre dès l’arrivée des réfugiés en Finlande. L’intégration scolaire comprend l’apprentissage du finnois/suédois ainsi qu’un volet d’étude consacré aux aspects culturels. Pour l’heure, l’éducation est organisée par le ministère de l’Emploi et de l’Economie, mais OAJ propose de transférer cette compétence au ministère de l’Education et de la Culture.
  2. L’éducation de la petite enfance se révèle particulièrement importante pour le développement du langage. OAJ propose de recruter davantage de professeurs de finnois/suédois comme deuxième langue dans le secteur de la petite enfance et d’adapter la taille des groupes d’élèves pour renforcer l’efficacité de l’apprentissage et améliorer le développement du langage de l’enfant.
  3. Toute personne s’exprimant dans une langue maternelle différente des langues nationales de Finlande devrait avoir le droit d’apprendre le finnois ou le suédois en tant que deuxième langue, depuis le plus jeune âge jusqu’au terme de l’enseignement secondaire.
  4. Chaque immigrant devrait pouvoir bénéficier d’un enseignement dispensé dans sa langue maternelle, depuis le plus jeune âge jusqu’au terme de l’enseignement secondaire.
  5. La formation préparatoire à l’enseignement fondamental doit être un droit accordé à chaque élève, quelle que soit sa date d’entrée en Finlande. En Finlande, les municipalités ont aujourd’hui la liberté d’organiser ou non la formation préparatoire à l’enseignement fondamental.
  6. La formation des enseignants doit être améliorée. Les enseignants doivent être mieux préparés dans le cadre de leur formation initiale et continue, de manière à pouvoir acquérir les compétences nécessaires à l’enseignement multiculturel. Le système éducatif finlandais nécessite aussi davantage d’enseignants issus de l’immigration.
  7. L’identification et la reconnaissance des acquis doivent être plus flexibles pour les immigrants.

IE/CSEE : Quel message souhaitez-vous transmettre aux autres enseignants, syndicats de l’éducation et gouvernements concernant le soutien aux enfants migrants et réfugiés ?

OAJ : Il importe d’offrir une excellente formation aux enseignants. Ceux-ci doivent posséder les compétences leur permettant d’enseigner à des élèves issus d’autres cultures. Il vaudrait la peine d’investir dans l’enseignement d’une langue nationale comme deuxième langue. Accorder la priorité à l’apprentissage de la langue et à la formation constitue la meilleure politique d’intégration.

Cette publication est disponible en anglais

Pour de plus amples informations, veuillez contacter OAJ : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Source: http://www.csee-etuce.org/fr/actualites/archive/1372-finnish-teachers-on-educational-integration-of-refugees-and-immigrants-2

 

 La note de réflexion intitulée « L’afflux des réfugiés, un défi économique pour l’Europe » (en anglais) du Fonds monétaire international (FMI) présentée par Mme Christine Lagarde lors du Forum économique mondial (FEM) de Davos recommandait la mise en œuvre de « dérogations temporaires et limitées au salaire minimum pour les réfugié(e)s » – une proposition vivement rejetée par la Confédération syndicale internationale ainsi que par d’autres fédérations syndicales internationales, telles que l’IE.

« Axé sur la dimension économique du défi que représentent les réfugié(e)s pour l’Europe », ce rapport de 50 pages précise tout d’abord que « le potentiel des réfugiés peut être mis à profit pour le bénéfice de tous », tout en suggérant par la suite qu’il est nécessaire d'intégrer rapidement les migrant(e)s au sein de l’économie, par le biais du marché du travail et d’un système à deux niveaux reposant sur des conditions de travail différentes. 

L'Internationale de l'Education (IE) a rejoint l’appel de la Confédération syndicale internationale (CSI) exhortant les dirigeant(e)s internationaux/ales à cesser de promouvoir des politiques d’exclusion qui portent atteinte aux droits fondamentaux des travailleurs/euses réfugié(e)s, mais au contraire, à créer des opportunités leur permettant de s'insérer de façon équitable sur le marché du travail.

Dans une communication, la Confédération syndicale internationale met en garde le FMI en rappelant que l’instauration d’un traitement salarial différencié « basé uniquement sur le statut migratoire des travailleurs/euses est discriminatoire, va à l’encontre du droit international et n'est pas saine sur le plan économique ». Le Secrétaire général de l’Internationale de l'Education, Fred van Leeuwen, partage les préoccupations exprimées par la CSI selon lesquelles toute recommandation suggérant une inégalité de traitement à l’égard des réfugié(e)s « viendrait légitimer la conception selon laquelle les populations réfugiées ne sont pas dignes de faire partie des communautés qui les accueillent, et accroître l’inquiétude des travailleurs à faibles revenus (...), qui craignent que la concurrence accrue pour les emplois déjà rares mette en péril leur avenir et celui de leur famille.  Pourtant, aucune de ces hypothèses ne corrobore les recommandations constructives que le FMI prétend vouloir promouvoir. »