Le 7 Juin 2016, la Commission européenne a publié une communication intitulée "Plan d'action pour l'intégration des ressortissants de pays tiers".

Le CSEE (la région européenne de l'Internationale de l'Education) a salué le fait que la communication met l'accent sur l'importance de l'éducation et le rôle des enseignant(e)s dans l'intégration des migrant(e)s et des réfugié(e)s:

Promouvoir le recrutement d'enseignant(e)s issu(e)s de l'immigration et fournir aux enseignant(e)s et personnels administratifs les compétences nécessaires à la bonne gestion de la diversité dans les écoles et à l'intégration des réfugié(e)s et des migrant(e)s est essentiel. Néanmoins, l'initiative de la Commission européenne ne propose pas d’investissement durable, ni un mécanisme de soutien global aux écoles et aux enseignant(e)s par rapport à ces questions. Le fait que l'initiative n’aborde pas la question du financement durable, mais uniquement des solutions d'investissements privés et temporaires pour le soutien de réfugié(e)s est un motif important de préoccupation.

L’importance de l’éducation de la petite enfance comme outil d'intégration pour les familles est souligné à juste titre, mais le secteur fait face à une privatisation accrue dans plusieurs pays de l'Union Européenne.

Les enseignant(e)s ont besoin de formation initiale et continue pour être en mesure d'offrir à leurs élèves une éducation inclusive. En outre, il est urgent de mettre en oeuvre un investissement financier conséquent afin de recruter de nouveaux enseignant(e)s et d'assurer qu'ils/elles le soient dans des conditions qui garantissent un emploi stable, sûre et durable; de reconnaître les qualifications des enseignant(e)s migrant(e)s et réfugié(e)s et de garantir une adéquate rémunération des enseignant(e)s pour le soutien individualisé supplémentaire qu’ils/elles doivent fournir.

«La médiocrité du statut des enseignant(e)s constatée dans trop de pays d'Europe, compte tenu de salaires et conditions de travail inadéquates, affecte l’attractivité de la profession et le maintien dans la profession, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’intégration des migrant(e)s et des réfugié(e)s dans le système éducatif et ensuite, le marché du travail», a déclaré Martin Rømer, directeur du CSEE. «Améliorer le statut des enseignant(e)s est fondamental pour attirer plus de professionnels hautement qualifiés dans une profession vieillissante », a-t-il ajouté.

Le CSEE se félicite du fait que la communication souligne le rôle des partenaires sociaux à travailler ensemble avec la Commission et les gouvernements dans le cadre de cette initiative, mais a souligné que le dialogue social efficace avec les syndicats d'enseignant(e)s doit être renforcé. Les syndicats d’enseignant(e)s ont oeuvré en vue de soutenir l’apprentissage des réfugié(e)s et des migrant(e)s, par conséquent, leurs actions et leur implication dans l'élaboration de solutions doivent être davantage soutenues.

Crédits photo: DFID - Département britannique pour le développement international / Wikimedia Commons.

Le 20 Juin, les confédérations syndicales italiennes CGIL, CISL et UIL ont uni leurs forces pour pointer du doigt la situation préoccupante des mineur(e)s non accompagné(e)s en Italie et en Europe. Investir dans des services publics de qualité, notamment à travers la formation de professionnel(le)s qualifié(e)s, est essentiel afin d’offrir à ces enfants l'assistance dont ils/elles ont besoin.

Les trois syndicats ont interpellé les autorités italiennes et communautaires dans une lettre ouverte, appelant au respect des droits de l'homme pour tous, y compris les réfugié(e)s et en particulier, les mineur(e)s non accompagné(e)s:  

"Environ 50.000 personnes ont débarqué sur nos côtes cette année, plus de 7000 sont des mineur(e)s non accompagné(e)s, le double par rapport à l’année 2015 selon l'UNICEF. Ces enfants et adolescent(e)s ont dû faire face à des risques épouvantables pour venir en Europe, et notamment la traversée du désert du Sahara, en proie à la privation et à la violence. Ils/elles ont ensuite été chargé(e)s sur des embarcations de fortune et des bateaux pneumatiques et abandonné(e)s à leur sort par les trafiquants. Beaucoup n’y ont pas survécu et ont disparu en Méditerranée - avec 2.800 migrant(e)s mort(e)s noyé(e)s au cours des cinq premiers mois de l’année 2016; d'autres font face à de nouvelles difficultés dans les centres d'accueil, loin de leurs familles et avec pour seul horizon un avenir incertain.

C’est à eux/elles que les syndicats italiens veulent consacrer la Journée mondiale des réfugié(e)s, demandant à l'Italie et à l'Europe d'établir des couloirs humanitaires pour ces jeunes réfugié(e)s, de créer pour eux des ponts plutôt que des murs, leur offrant une fois arrivé(e)s en Europe, une voie concrète permettant leur admission et la protection de leurs droits fondamentaux, afin d’atténuer autant que possible les conséquences des souffrances que ces enfants ont vécus, à commencer par la perte de leurs familles.

Par-dessus tout, nous devons empêcher que ces mineur(e)s disparaissent, comme ce fut malheureusement le cas par le passé pour environ 10 000 d'entre eux, car la disparition d'un enfant peut déboucher sur la traite d’êtres humains, l'esclavage moderne, le trafic d'organes et la violence.

Nous voulons également dédier ce jour aux 20 enfants qui sont morts de soif cette semaine à Assamaka, dans le désert du Niger. Ils rêvaient d'un nouvel avenir et ont subi la pire mort. Car il faut mettre fin à cela, l'Europe doit abandonner une logique égoïste et hypocrite, et ouvrir ses portes à ceux qui fuient la guerre, la pauvreté et le désespoir. CGIL, CISL, UIL demandent au gouvernement italien et à l'Union Européenne d’aller au delà d’une réponse uniquement humanitaire et expriment leur profonde préoccupation concernant la dérive culturelle et éthique constatée vis-à-vis de l’accueil des mineur(e)s non accompagné(e)s et qui les exposent à la ségrégation et la marginalisation".

 

A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugié(e)s le 20 juin dernier, des milliers de personnes sont descendues dans la rue dans plus de 50 localités partout dans le pays, afin de défendre les droits des réfugié(e)s et dénoncer la politique d’asile et d’immigration de l’Union Européenne. Quelques jours plus tôt, le 14 juin, des représentants syndicaux, de la société civile et du monde de la culture s’étaient réunis à Madrid pour appeler la population à prendre part en masse aux manifestations du 20 juin. 

En tête du cortège de Madrid, Fernández Toxo, Secrétaire Général de CCOO et Pepe Álvarez, Secrétaire Général de UGT, ainsi que des représentants des autres organisations participantes et des réfugié(e)s et migrant(e)s, ont brandi une bannière sur laquelle on pouvait lire « SOS réfugiés, un refuge pour les droits ».

« Nous devons mettre fin à ce drame qui est en train de transformer la Méditerranée en une fosse commune, dans laquelle sont en train de sombrer non seulement des personnes mais aussi les valeurs d’une Europe démocratique et fondée sur les droits », a déclaré F. Toxo dans son intervention inaugurale. Il a aussi dénoncé le récent accord Union Européenne-Turquie, demandant au gouvernement espagnol de ne plus le soutenir. 

Le cortège a pris fin à Puerta del Sol où l’actrice et réalisatrice, Amparo Climent, a lu un manifeste exigeant un profond changement des politiques d’immigration et d’asile de l’Union Européenne, afin de mettre au centre les droits des réfugié(e)s et d’assurer des voies d’accès sûres au continent pour les personnes fuyant les persécutions et la guerre.

Classroom scene at the Hawa Abdi Centre for Internally Displaced Somalis

Le 20 juin, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugié(e)s, l'Internationale de l'Education exhorte les gouvernements à protéger les droits des réfugié(e)s, y compris le droit à l'éducation, et permettre au corps enseignant de développer et offrir une éducation de qualité, afin de promouvoir une intégration rapide des réfugié(e)s dans leurs pays d'accueil.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 65.3 millions de personnes ont été "déplacées de force" en 2015, dont 21,3 millions de réfugié(e)s et 3,2 millions de demandeurs/ses d'asile. On estime que 12,4 millions de personnes ont été déplacées en raison de conflits ou de persécutions, tandis que le nombre de demandes d'asile de mineur(e)s non accompagné(e)s a triplé en un an pour atteindre un record de 98.400.

L'Internationale de l'Education appelle tous les gouvernements à adopter une approche fondée sur les droits des migrant(e)s et des réfugié(e)s, conformément au contenu de la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, la Convention de l'Organisation internationale du Travail sur les travailleurs migrants (C97 et C143) et la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

A l'occasion de la Journée mondiale des réfugié(e)s, l'IE attire particulièrement l'attention sur le sort des enfants réfugiés qui constituent le plus grand groupe de personnes déplacées de force dans le monde entier. Ils sont particulièrement sujet au travail forcé, au mariage juvénile, à l'exploitation sexuelle, au recrutement par des milices armées et autres violations de leurs droits, en vertu de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (Septembre 1990).

L'Internationale de l'Education appelle tous les gouvernements, en particulier ceux des pays qui accueillent des réfugié(e)s, à tout mettre en oeuvre pour empêcher l'exploitation des enfants réfugiés, développer des programme éducatifs adaptés comprenant des cours de langue, d'éducation civique, des formations professionnelles et une aide psychologique, et leur permettre d'avoir au système éducatif national.

L'Internationale de l'éducation organisera une conférence internationale sur l'éducation des enfants réfugiés du 21 au 22 Novembre 2016 à Stockholm, en Suède. La conférence, qui réunira des syndicats d'enseignant(e)s, des enseignant(e)s et autres experts provenant de pays européens et du Moyen-Orient connaissant un afflux important d'enfants réfugiés, abordera les défis politiques et professionnels à relever afin de garantir leur droit à une éducation de qualité, conformément à l'objectif de développement durable n°4 adopté par l'ONU en Septembre 2015.

 

L’Internationale de l’Education ainsi que des représentants des affiliés de l’IE en Espagne et en Italie ont pris part à une conférence de haut-niveau organisée à Rome le 15 juin, par la Confédération européenne des syndicats (CES) avec le soutien des trois syndicats italiens CGIL, CISL et UIL. 

Cette Action Syndicale pour les Réfugié(e)s a permis de rassembler des leaders et représentants syndicaux de 22 pays européens, ainsi que des représentants de la commission européenne, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, du Comité Economique et Social Européen et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.

Plus de 25 responsables syndicaux ont pris la parole, afin de souligner la position des syndicats en faveur d’une réponse humanitaire et européenne aux nombreux hommes, femmes et enfants qui fuient la guerre et sont à la recherche d’un refuge dans l’UE.

Ils ont en particulier mis l’accent sur l’appel lancé par les syndicalistes européens à l’UE et à ses états membres en vue : 

  • de soutenir les individus et organisations qui œuvrent en vue d’offrir aux demandeurs/ses d’asile une vie sûre et décente en Europe;
  • d’attribuer un financement européen aux pays recevant des réfugié(e)s;
  • d’ouvrir des voies légales et sûres aux demandeurs/ses d’asile et de cesser de payer la Turquie pour échapper à leurs propres obligations internationales;
  • d’intégrer les réfugié(e)s dans le marché du travail, en assurant un salaire égal et des conditions de travail égales aux travailleurs/ses locaux/les et autres;
  • d’investir dans les services publics et la croissance économique, dans l’intérêt des communautés locales et pour le bien de chacun, quelle que soit sa nationalité.

Dans son introduction, Luca Visentini, le Secrétaire Général de la CES, a rappelé les gouvernements européens à leurs responsabilités envers les demandeurs/ses d’asile et réfugié(e)s arrivant en Europe, en vertu de leurs obligations internationales, qualifiant « d’inhumain » le récent accord Union Européenne-Turquie. Il a aussi rendu hommage à l’engagement et au professionnalisme des agents de la fonction publique venant en aide aux migrant(e)s dans les difficultés quotidiennes qu’ils/elles rencontrent à leur arrivée.

Susanna Camusso, Secrétaire Générale de la CGIL (Italie), a mis en avant l’importance pour les mineur(e)s d’intégrer le plus vite possible des parcours de formation dans leur pays d’accueil et la nécessité de politiques éducatives adéquates afin de rompre l’isolement des communautés migrantes, qui alimente la peur et les préjugés.

Dans son intervention, Philippe Martinez, Secrétaire Général de la CGT (France), a souligné que l’accueil, la formation et l’emploi sont les domaines dans lesquels les syndicats peuvent apporter une contribution significative.

Enfin, Annamaria Furlan, Secrétaire Générale de la CISL (Italie), a quant à elle souligné que la mission des syndicats dans ce domaine va au-delà de la formulation de revendications et qu’elle consiste notamment à « mobiliser les cœurs et les esprits afin de promouvoir une culture de solidarité ».

Les responsables syndicaux européens ont adopté une déclaration intitulée “Le mouvement syndical européen réclame une assistance humanitaire et des droits humains pour les réfugiés”.