TUC international a développé un guide en ligne « Travailler au Royaume-Uni », disponible en 17 langues, afin d’informer les travailleur/ses migrants/es concernant leur droits au Royaume-Uni.

Le TUC est la centrale syndicale nationale du Royaume-Uni, représentant plus de 5,5 millions de travailleurs et 52 syndicats issus de différents secteurs.

Le guide « Travailler au Royaume-Uni » est accessible à l’adresse suivante : https://www.tuc.org.uk/TravaillerauRoyaume-Uni

L’outil en ligne est disponible en bulgare, anglais, français,  hongrois, italien, letton, lituanien, polonais, portugais, roumain, russe, slovaque et espagnol. Une version PDF peut être téléchargée en gujarati, bengali, ourdou et pendjabi.

Dans un premier temps, les utilisateurs/rices sont invités à identifier la catégorie légale à laquelle ils/elles appartiennent : salarié/e, travailleur/euse, travailleur/euse indépendant/e. Après avoir effectué cette première étape, ils/elles peuvent consulter l’ensemble de leurs droits dans les domaines suivants : rémunération, parentalité, temps de travail et congés, santé, sécurité, litiges, intérim, syndicats, etc.

L'initiative "Science4Refugees" met en relation des réfugiés/es et demandeurs/euses d'asile ayant un parcours scientifique ou académique avec des universités et établissements de recherche labellisés comme "accueillant des réfugiés/es" et ayant à disposition des postes vacants.

Les individus et les institutions peuvent avoir accès à l'initiative Science4Refugees à travers le portail européen EURAXESS, fournissant une large gamme d'informations et de services aux chercheurs/ses et scientifiques souhaitant poursuivre leur carrière en Europe.

Carlos Moedas, commissaire chargé de la Recherche, de la Science et de l'Innovation, souligne que "le lancement de l'initiative Science4Refugees est un exemple très encourageant de la véritable ouverture au monde de la communauté académique européenne. En mettant en relation des réfugiés/es et demandeurs/euses d'asile ayant un parcours scientifique et des établissements de recherche européen, l'Union Européenne pourra bénéficier d'une grande diversité d'approches scientifiques, tout en prenant des mesures concrètes visant à donner une véritable opportunité à des communautés talentueuses mais encore largement défavorisées".

Afin de participer, les chercheurs/euses doivent s'inscrire sur le portail EURAXESS et compléter leur CV en ligne, en sélectionnant "Science4refugees" dans la section "préférences personnelles". L'inscription est gratuite. Le portail fournit par ailleurs de nombreuses informations concernant les conditions de travail en Europe pour les réfugiés/es et les demandeurs/euses d'asile.

Par ailleurs, lorsqu'elles mettent en ligne une nouvelle offre d'emploi, les institutions de recherche et d'enseignement supérieur ont la possibilité d'indiquer si le poste est proposé dans le cadre de l'initiative Science4refugees.

A long terme, avec l'aide des centres de ressources EURAXESS, des dispositifs de tutorat, de soutien linguistique et des modules d'intégration seront mis à disposition des réfugiés/es dans le cadre de cette initiative, afin de faciliter leur installation dans leur pays d'accueil.

 

Une entreprise de recrutement d’enseignant(e)s basée à Los Angeles a été condamnée à verser 4,5 millions de dollars aux 350 enseignant(e)s philippin(e)s qu’elle avait attiré(e)s aux Etats-Unis et forcé(e)s, pour enseigner, de signer des contrats abusifs dès leur arrivée en Louisiane. 

Ce verdict a été rendu au terme de deux semaines de procès, par le tribunal de district américain du district central de Californie, à Los Angeles. Les poursuites avaient été engagées au nom des enseignant(e)s par le Southern Poverty Law Center, l’American Federation of Teachers (AFT), ainsi que par le cabinet d’avocats Covington and Burling.

« Ce verdict révolutionnaire réaffirme le principe selon lequel tous les enseignantes et enseignants travaillant dans nos écoles publiques doivent être traités de façon équitable, quel que soit leur pays d’origine », a déclaré Randi Weingarten, Présidente de l’AFT. « Ces abus scandaleux illustrent de façon dramatique les situations d’exploitation extrême pouvant se produire lorsqu’aucun contrôle digne de ce nom n’est exercé sur le secteur du recrutement professionnel. Les pratiques appliquées dans le cadre de cette affaire, à savoir des contrats de travail conclus sous la contrainte et autres arrangements rappelant la servitude, ne doivent pas avoir leur place au XXIe siècle. »

« Le jury a envoyé un message clair, en insistant sur le fait que les pratiques commerciales d’exploitation et d’abus à l’égard de travailleuses et travailleurs accueillis par le fédéral ne seront plus tolérées », a souligné Mary Bauer, directrice juridique du Southern Poverty Law Center. « Cette décision fait entendre aux agences de recrutement sans scrupules qu’indépendamment de sa citoyenneté, aucun être humain ne peut être forcé à signer des contrats exigeant le versement de frais illégaux.  

Dennis Auerbach, avocat principal du cabinet Covington and Burling pour ce dossier, a salué la persévérance des enseignant(e)s philippin(e)s. « Nous sommes ravis du verdict rendu dans le cadre de cette affaire et nous sommes fiers d’avoir soutenu ces courageux enseignants qui ont finalement obtenu gain de cause », a-t-il déclaré.

Travail forcé

Les enseignant(e)s ont commencé à affluer aux Etats-Unis en 2007, dans le cadre du programme d’accueil de travailleurs/euses « H-1B ». Gérés par le Département du Travail américain, les visas H-1B permettent à des ressortissant(e)s étrangers/ères disposant de compétences particulières de travailler sur le territoire américain pendant une période maximale de six ans. En vue d’obtenir un emploi, la plupart des enseignant(e)s ont été contraint(e)s de verser au service de recrutement une cotisation d’environ 16.000 dollars américains (soit l’équivalent de plusieurs fois le revenu moyen d’un ménage aux Philippines).

La majeure partie des enseignant(e)s ont dû emprunter de l’argent afin de pouvoir s’acquitter de cette cotisation de recrutement exorbitante. Les recruteurs ont conseillé aux enseignant(e)s de se tourner vers des prêteurs privés qui facturaient entre 3 et 5 pour cent d’intérêts mensuels. Les enseignant(e)s ont été contraint(e)s de payer ces montants pharaoniques, au risque de compromettre les investissements considérables qu’ils/elles avaient déjà réalisés. Les recruteurs ont même confisqué les passeports et les visas des enseignant(e)s jusqu’à ce qu’ils/elles se soient complètement acquitté(e)s de cette cotisation de recrutement.

Outre le versement des cotisations initiales, les enseignant(e)s ont également été contraint(e)s d’accepter de céder près de 10 % du salaire qu’ils/elles gagneraient pendant leur deuxième année de travail. Les enseignant(e)s ayant refusé de signer les contrats ont été menacé(e)s d’être renvoyé(e)s chez eux/elles, sans chance de revoir un jour les milliers de dollars qu’ils/elles avaient d’ores et déjà versés. Ces contrats ont été déclarés illégaux et inexécutables par le tribunal en charge de cette affaire.

Dans le cadre d’un projet de trois ans financé par l’IE et la Friedrich Ebert Stiftung, les affiliés de l’IE d’Indonésie, de Malaisie et des Philippines se sont rencontrés à Kuala Lumpur pour un atelier de 3 jours (du 29 septembre au 1er octobre) pour discuter de la migration enseignante et en particulier, des aspects relatifs à la protection sociale.

Pour les délégué(e)s, cet atelier fut une occasion importante de partager des informations et des connaissances sur leur expérience respective de migration enseignante au niveau national.

Les Philippines constituent une importante « économie exportatrice de main d’œuvre » : on estime à 1 sur 7 le nombre de Philippin(e)s travaillant à l’étranger. C’est un cas d’école intéressant, non seulement en raison du volume de travailleurs/euses - dont un nombre important d’enseignant(e)s - que le pays envoie à l’étranger, mais aussi en raison de l’étendue du dispositif administratif que le gouvernement a mis en place pour simplifier et réglementer l’exportation des travailleurs/euses. Ce système est en effet reconnu comme l’un des systèmes de licence et de contrôle des recruteurs les plus développés au monde. Au cours de l’atelier, les affilié(e)s du pays ont présenté les résultats d’une recherche conduite en 2013. Celle-ci a révélé que bon nombre d’enseignant(e)s démissionnent pour quitter le pays et travailler dans un autre secteur (principalement le secteur domestique et des soins), ce qui pose la question inquiétante de la déqualification des enseignant(e)s migrant(e)s. Les syndicats ont également pris connaissance de la tendance récente et inquiétante des enseignant(e)s à se rendre en Indonésie et dans les Etats du Golfe pour y enseigner l’anglais. Ils ont informé les participant(e)s du fait qu’une étude de suivi centrée sur cinq régions doit commencer bientôt pour collecter davantage de données sur la migration des enseignant(e)s.

La Malaisie connaît un taux d’immigration important, pas seulement à l’échelle de l’Asie, mais aussi à l’échelle mondiale. La majeure partie des enseignant(e)s travaillant en Malaisie en ce moment sont des expatrié(e)s et enseignent dans des collèges et des écoles internationales. Peu de données sont disponibles sur l’importation d’enseignant(e)s étrangers/ères travaillant dans d’autres secteurs. Même si l’Indonésie ne dispose pas de données précises sur la migration des enseignant(e)s, il s’agit du premier pays d’origine des étrangers/ères travaillant en Malaisie, et de l’un des pays les plus représentés dans le secteur domestique.

L’un des principaux objectifs de l’atelier était d’apporter aux affiliés les connaissances et les ressources leur permettant d’assurer le plaidoyer pour les droits des migrant(e)s, tout spécialement sur les questions relatives à la protection sociale, et de promouvoir l’Agenda pour le travail décent de l’OIT aux niveaux national et régional (ASEAN). Les Philippines sont le seul pays ayant ratifié les Conventions 97 (de 1949) et 143 (de 1975) de l’OIT sur les travailleurs migrants. La Malaisie n’a quant à elle ratifié que la première. Par ailleurs, les trois pays en sont à des stades différents de la discussion et de la mise en œuvre des cadres de protection sociale pour les travailleurs/euses migrant(e)s.

Une réunion de suivi sera organisée à Manille, aux Philippines en 2016. Elle permettra de partager les résultats des recherches de terrain sur la migration des enseignant(e)s et les questions relatives à la protection sociale. Les preuves rassemblées seront utilisées dans une deuxième phase du projet afin d’entreprendre un lobbying auprès des gouvernements aux niveaux national et régional, d’étendre la couverture de sécurité sociale à la main d’oeuvre migrante et, de manière plus générale, d’adopter et de renforcer les normes internationales de travail afin de garantir les droits fondamentaux des travailleurs/euses migrant(e)s.

 

Le 8 octobre 2015, l'American Federation of Teachers (AFT), affilié de l'IE aux Etats-Unis, a adopté une résolution afin d'exprimer sa solidarité et son engagement en faveur d'une politique migratoire globale basée sur les Droits Humains et Syndicaux et un développement inclusif. Le syndicat est déterminé à faire pression sur les autorités américaines afin de développer une stratégie globale en vue d'une répartition équitable des populations migrantes entre les différents pays, y compris les Etats-Unis. L'AFT s'est aussi engagée à fournir des orientations aux communautés éducatives afin d'apporter leur soutien aux familles et aux enfants nouvellement arrivés sur leur territoire.

Résolution AFT (en anglais) - MIGRATION CRISIS

WHEREAS, millions of people have been displaced in the Middle East and North Africa by violence, war, persecution and political turmoil, the fallout of which has had a disproportionate impact in Europe, Jordan, Lebanon and Turkey; and

WHEREAS, this is a crisis of massive proportions that requires swift and decisive action; and

WHEREAS, communities and countries that have stepped up and agreed to host refugees have seen a rise in suspicion, xenophobia and religious intolerance, while other countries have closed their borders to refugees entirely; and 

WHEREAS, the White House has pledged to lift the number of worldwide refugees that the United States accepts to 100,000; former Secretary of State Hillary Clinton has called for the admission of 65,000 Syrians; 18 mayors from major cities—many with large AFT locals, including Baltimore, Boston, Chicago, Los Angeles, New York City and Philadelphia—have pledged to open their communities to greater refugee resettlement; and joint statements from 72 members of the U.S. House of Representatives and 14 U.S. Senators have added to the growing wave of public support; and

WHEREAS, the United States and the countries in the Gulf, which are among the world’s richest countries and are deeply engaged in conflicts in the Middle East, must accept a fair share of refugees; and

WHEREAS, the AFT believes that the United States is a nation whose past and future are based on building bridges, not walls, as we have consistently voiced our support for the rights of migrants and their families through various AFT policy resolutions, including “International Humanitarian Crisis at the U.S. Border” (2014) and “Support a Fair and Just Immigration Policy” (2008), and have supported Education International in passing “The Right to Education for Displaced People, Refugee and Stateless Children” (2015) and “Migration, Professional Diversity and Racism” (2015):

RESOLVED, that the American Federation of Teachers expresses its solidarity with first responders in the transit and resettlement countries, including staff of the United Nations High Commissioner for Refugees, and all workers whose unions are affiliates of Education International, Public Services International, the AFL-CIO and the International Trade Union Confederation; and

RESOLVED, that the AFT will continue to work with all parties to promote a global migration policy that emphasizes human and labor rights and inclusive development that addresses important issues such as quality of life and having opportunities to use the knowledge and skills they bring with them from their home countries; and

RESOLVED, that the AFT will be diligent in pressing the U.S. Congress and the Obama administration to take bold leadership action, and that we will inform and engage AFT membership as events move forward:

  • the AFT will lobby the U.S. government to join with our German and other European allies and declare our intentions to rapidly resettle hundreds of thousands of men, women and children, as well as greatly increase foreign assistance to support international refugee agencies and frontline countries such as Jordan, Lebanon and Turkey; and
  • the AFT will communicate to the U.S. interagency delegation to the U.N. Global Forum on Migration and Development about the urgent need to work with allies on developing a common global strategy of fair-share resettlement across countries including the United States; and

RESOLVED, that the AFT will provide guidance and support (such as teaching materials) to our affiliates in host communities in the United States as they support families and children seeking to make a home in our country, which includes attending school and participating fully and with dignity in our economy; and

RESOLVED, that the AFT will fully engage in advocacy campaigns with our partners in Education International and Public Services International and with labor and community as they seek to fulfill the United Nations’ newly developed Sustainable Development Goals for promoting sustainable human, social and economic development.

- Pour en savoir plus: http://www.aft.org/resolution/migration-crisis#sthash.ewbaI0BF.dpuf