Mandy Manning, professeur d'anglais et de mathématiques, membre de la NEA, membre du comité exécutif de la Spokane Education Association, a été nommée Professeur de l'année 2018 aux États-Unis par le CCSSO (Council of Chief School State Officers – Conseil des agents publics qui dirigent des établissements scolaires du primaire et du secondaire).
 
Elle enseigne depuis sept ans au Centre pour nouveaux arrivants de l'école secondaire Joel E. Ferris, où les étudiants viennent de diverses régions et pays: Syrie, Chuuk, Irak, Afghanistan, Guatemala, Myanmar, Soudan, Mexique et Tanzanie. Son approche de l'enseignement pour les nouveaux arrivants va bien au-delà du succès scolaire des élèves. Considérant le climat politique hostile et la peur et l'anxiété que les nouveaux arrivants peuvent éprouver en conséquence, elle souligne l'importance de «les aider à comprendre les événements actuels, connaître leurs droits et offrir un environnement sûr et accueillant». Selon le Directeur exécutif du CCSSO, Mandy Manning incarne «le dévouement et l’approche (...) que mérite chaque étudiant de ce pays».
 
S'appuyant sur des expériences d'enseignement dans différents pays du monde, Mandy Manning privilégie une perspective globale dans son enseignement, et une approche centrée sur l'étudiant. Au cours de cette année, elle veut «engager la nation dans une conversation sur la façon dont nous pouvons encourager les élèves à faire l'expérience de choses hors de leur compréhension» et «inspirer les éducateurs et les élèves à voir le potentiel de chaque voix et les possibilités de chaque classe».
 
Mandy Manning est également profondément impliquée dans son syndicat, au niveau local comme au niveau de l’Etat. La Présidente de la National Education Association, Lily Eskelsen García, l'a qualifiée d '«exemple éclatant de la façon dont les enseignants transforment la vie quotidienne de leurs élèves, les mobilisent et suscitent auprès d’eux l'enthousiasme pour l'apprentissage… Mandy ne voit pas de barrières, elle ne voit que des ponts.»
 
 

Depuis ce jour et jusqu’au 11 mai 2018, la Rapporteure spéciale de l’ONU sur le racisme Tendayi Achiume effectue une visite officielle au Royaume-Uni. Le bureau du Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a d’ores et déjà annoncé qu’elle axerait sa mission sur l’impact du vote du Brexit sur l’égalité raciale dans le pays.

Dans le cadre de cette mission, l’experte effectuera une visite à Londres et à Belfast ; elle prévoit de s’intéresser spécialement aux formes structurelles de discrimination et d’exclusion susceptibles d’avoir été exacerbées par le Brexit, en particulier « la discrimination et l’intolérance xénophobes visant les réfugiés, les migrants et même les minorités raciales, religieuses et ethniques britanniques ». Elle analysera à cet effet les obstacles qui entravent l’exercice de leurs droits économiques et socio-politiques.

Une conférence de presse sera organisée au terme de sa visite, le 11 mai 2018, afin de dresser un bilan préliminaire de la situation au Royaume-Uni. Elle en dressera un rapport complet lors de la séance de juin 2019 du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Les organisations britanniques membres de l’Internationale de l'Education se sont particulièrement investies dans la lutte contre le racisme dans les écoles et la promotion des droits des migrant(e)s et des réfugié(e)s, notamment le droit à un enseignement public de qualité. Vous trouverez de plus amples informations concernant les activités et les ressources mises en œuvre par les syndicats de l’éducation au Royaume-Uni sous la section “Outils pour l'éducation des réfugié(e)s".

 

Le système scolaire de Brême prévoit que la majorité des jeunes réfugiés âgés de plus de 16 ans et qui arrivent à Brême soient scolarisés dans des écoles professionnelles. Là, ils ont deux ans pour obtenir un BBR (Berufsbildungsreife, qualification professionnelle), ou un EBBR (Erweiterte Berufsbildungsreife, qualification professionnelle avancée). Pendant cette période, les étudiants doivent non seulement atteindre le niveau de compétences linguistiques B1, mais aussi suivre une formation spécialisée.

Le syndicat GEW affirme que l’inscription et l’achèvement de la formation professionnelle doivent se faire avec souplesse, en particulier pour les jeunes réfugiés. « Il est utopique de penser que la majorité des jeunes qui viennent d’arriver en Allemagne vont, en deux ans, acquérir la qualification de formation professionnelle avancée et les compétences linguistiques en allemand au niveau B1 », d’après Ina von Boetticher, porte-parole du conseil d’administration de GEW.

Malgré leur motivation, les adolescents réfugiés n’ont que deux ans pour rattraper les neuf années de scolarité précédente, dans des classes souvent très hétérogènes. Peu d’étudiants parviennent à atteindre le niveau de compétences linguistiques requis (B1) en deux ans. C’est pourquoi, dans de nombreuses écoles professionnelles, des arrangements informels sont mis en place et les jeunes ont la possibilité de redoubler la dernière année scolaire. Le syndicat considère que le fait d’offrir aux étudiants une troisième année n’est qu’une première étape en termes de soutien supplémentaire nécessaire pour accompagner ces jeunes ayant des besoins éducatifs spécifiques. « L’intégration nécessite suffisamment de temps et de ressources. Les commissions scolaires doivent agir en temps opportun pour soulager les enseignants dans les écoles et offrir aux jeunes une éducation et des perspectives de carrière. Permettre une troisième année scolaire pour les adolescents n’est qu’un début », selon Ina von Boetticher. 

A l’occasion de la journée mondiale des travailleurs, le syndicat et l’organisation de la société civile Flüchtlingsrat ont publié un communiqué de presse conjoint à ce sujet (en anglais). 

Vous pouvez en apprendre davantage sur les positions de GEW à propos de l’éducation des réfugiés dans le communiqué de presse suivant (en allemand).

Le National Education Union (NEU) a publié une série de ressources pour soutenir les écoles accueillant des enfants réfugiés. 

Le syndicat a publié sur son site Web une série de courts-métrages dans lesquels des enfants et des jeunes réfugiés détaillent l’expérience qu’ils/elles ont vécue à leur arrivée dans une école au Royaume-Uni. Les clips sont accompagnés de notes destinées à la formation du personnel.

Les clips, classés en trois catégories, abordent chacun un aspect spécifique de l'intégration des élèves nouvellement arrivés à l'école. 

  • Inclusion : « Stand by their side »; « Everyone says "Salaam" even the teachers »; « Let your feelings out »;
  • Entrer dans le système d’enseignement britannique : « A trusted pupil showed me around »; « Everything is possible » ;
  • Être un élève réfugié : « I really like learning »; « Just stay strong ».

Les notes de formation ont pour but de donner aux personnels de l'éducation la possibilité de réfléchir sur les bonnes pratiques dans leur école/environnement/collège et d’envisager collectivement des moyens efficaces que leur école/environnement/collège peut mettre en place pour accueillir des enfants et des jeunes réfugiés. Un quiz sur les réfugié(e)s a également été créé comme activité préparatoire pour ces sessions de formation.

Le guide du NEU intitulé « Welcoming Refugee Children to Your School » (Accueillir des enfants réfugié(e)s dans votre école) fournit également des informations concernant la façon dont les écoles peuvent créer un environnement favorable aux réfugié(e)s, mettre en place un programme scolaire accessible et réfléchir à des principes de pratiques efficaces.

Pour la première fois cette année et à l’occasion de l'édition spéciale 20e anniversaire, le syndicat a établi un partenariat avec la Semaine des réfugiés et l'ensemble de ces ressources ont été présentées à l'occasion de la Conférence de la Semaine des réfugiés, qui s'est tenue le mois dernier.

 

Le 20 février 2018, l’Internationale de l’Education et son Bureau européen, le CSEE, ont tenu une audience dans les bureaux du Comité économique et social européen, afin de présenter les résultats d’un nouveau rapport (en anglais) constitué de quatre études de cas qui examinent les réalités de l’éducation des réfugié(e)s et des nouveaux/elles arrivant(e)s en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Suède.

Ce rapport met l’accent sur les défis inhérents à l’éducation des réfugié(e)s, et notamment sur la nécessité de repenser l’intégration des nouveaux/elles arrivant(e)s en Europe si l’on souhaite que les écoles soient en mesure de s’adapter à la diversité des apprenant(e)s et de répondre aux besoins spécifiques des nouveaux/elles arrivant(e)s.

Il démontre que, dans la plupart des cas, les obstacles auxquels sont confrontés les élèves pour s’intégrer aux systèmes éducatifs européens sont non seulement liés au manque de ressources et de développement professionnel du personnel scolaire, mais également à l’absence d’enseignant(e)s dédié(e)s à l’apprentissage de la langue du pays d’accueil en tant que deuxième langue, de soutien linguistique et spécialisé(e)s, ainsi qu’au manque de coordination et de coopération entre les différents secteurs et niveaux politiques et administratifs au sein de la société.

En outre, comme le révèle le rapport, les systèmes européens ont tendance à séparer les nouveaux/elles arrivant(e)s des autres apprenant(e)s, en les regroupant dans les mêmes classes sans mener d’évaluation personnelle reposant sur l’intérêt supérieur des élèves. Le rapport met en garde contre les projets locaux isolés qui reposent non pas sur un cadre complet, mais plutôt sur la société civile et les efforts individuels des enseignant(e)s et directeurs/trices engagé(e)s.

Sur la base des conclusions des quatre études de cas, le nouveau rapport de l’IE formule les recommandations suivantes :

  • Chaque pays doit adopter un cadre national exhaustif, qui prévoit des directives de base concernant l’accueil, l’inclusion et l’éducation des élèves nouvellement arrivés. Un système de suivi sous-tendant les pratiques locales doit par ailleurs être mis en place, afin de garantir la bonne mise en œuvre de ce cadre.
  • Chaque pays doit rendre obligatoire une première évaluation effectuée par les enseignant(e)s de la vie et de l’expérience scolaire de l’élève avant son arrivée dans le pays d’accueil, et fournir à ces derniers/ères les outils et informations nécessaires à cet égard. Une approche « au cas par cas » est ici essentielle.
  • L’inclusion doit être un modèle organisationnel majeur et constituer la pierre angulaire des discussions sur « ce qui est dans l’intérêt supérieur de l’enfant », comme le précise l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant. Toutefois, les élèves ne peuvent s’intégrer sans aide supplémentaire. C’est pourquoi il ne suffit pas de se demander si l’élève s’intégrera à ses pairs, mais plutôt de se pencher sur les moyens permettant de le/la soutenir à ce stade.
  • La première langue de l’enfant doit être reconnue et valorisée comme instrument primordial pour l’apprentissage et la construction de son identité. Il est indispensable de garantir la présence d’enseignant(e)s de soutien linguistique – des médiateurs/trices culturel(le)s et linguistiques ou des assistant(e)s bilingues – et d’aider ces derniers/ères au sein même des établissements scolaires.
  • Le développement professionnel des enseignant(e)s dans les domaines propres à l’éducation des élèves nouvellement arrivés, à la pédagogie interculturelle et aux salles de classe multiculturelles doit constituer une priorité nationale dans chaque pays. Un programme bien structuré expliquant comment créer une communauté d’apprentissage et soutenir l’apprentissage par les pairs des enseignant(e)s doit être développé dans chaque école, de préférence en collaboration avec des universités.
  • Les réseaux des communautés locales, de la société civile et des parents doivent être encouragés et valorisés, sans toutefois être tenus responsables de ce que les écoles font et de la manière dont elles procèdent.
  • Les gouvernements nationaux et les organisations internationales telles que la Commission européenne doivent investir davantage dans les recherches longitudinales et comparatives par pays, afin d’orienter les décisions politiques d’un point de vue scientifique.