Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les écoles publiques gérées par le secteur privé sont de plus en plus répandues. Au niveau mondial, plus 1 000 institutions de ce type gravitent autour des idées d’un seul dignitaire religieux turc.

Ecoles « publiques » gérées par le secteur privé 

Les écoles publiques gérées par le secteur privé – les « écoles à charte » (charter schools) aux Etats-Unis et les écoles libres au Royaume-Uni – se répandent comme une traînée de poudre : on en recensait environ 6 000 aux Etats-Unis en 2013 et 174 au Royaume-Uni. Régies par toute une série de politiques et réglementations différentes, certaines de ces écoles ont des ambitions lucratives, d’autres pas, quelques-unes sont contrôlées au niveau local par des parents ou des éducateurs/trices, d’autres encore font partie de chaînes nationales ou internationales proposant leur propre programme scolaire breveté. Aux Etats-Unis, près d’un élève sur cinq inscrit dans une « école à charte » fréquente un établissement scolaire dirigée par une société de gestion à but lucratif (Gary et al., 2012). Une seule analyse révèle que les « écoles à charte » aux Etats-Unis ont cherché à embaucher plus de 4 000 enseignant(e)s à l’étranger entre 2002 et 2008. Ce chiffre représente environ 5 % du recrutement international des enseignant(e)s dans le pays au cours de cette même période (Bartlett, 2014). Un rapport sur le recrutement des enseignant(e)s étranger(e)s réalisé en 2003 pour la National Education Association estimait que 67 % des postes d’enseignant(e)s certifiés par le Département du travail étaient pourvus par des candidat(e)s sélectionné(e)s par les autorités des écoles publiques, le tiers restant par des effectifs sélectionnés par des employeurs au sein d’écoles privées et à charte (Barber, 2003).

Dans le domaine du recrutement international opéré par les écoles à charte américaines, un réseau en particulier a fait l’objet d’une analyse plus approfondie. Il s’agit d’un réseau informel plutôt douteux, regroupant au moins 130 écoles à charte américaines spécialisées dans l’enseignement des mathématiques et des sciences, qui a été mis en lien avec Fethullah Gülen, un dignitaire musulman turc. Ces écoles américaines font partie d’un réseau mondial regroupant plus de 1 000 institutions, adeptes des idées de Gülen dans plus de 100 pays. Fait notable, les écoles Gülen aux Etats-Unis sont financées par des fonds publics. Par ailleurs, ces écoles ont introduit 771 demandes de permis de travail de trois ans pour la seule année 2011 et sont connues pour recruter majoritairement du personnel turc. Toutes mises ensemble, ces écoles constituent le plus grand réseau d’écoles à charte aux Etats-Unis.

Références bibliographiques

Dashboard: A Comprehensive Data Resource. « Total Number of Schools » Données pour 2010-2011. National Alliance for Public Charter Schools. 

Département de l’Education. « Open free schools » Consulté le 25 septembre 2013. 

Profiles of For-profit and Nonprofit Education Management Institutions: Thirteenth Annual Report—2010-2011.

Gary Miron, Jessica L. Urschel, Mayra A. Yat Aguilar, and Breanna Dailey. Boulder, CO: National Education Policy Center, 2012.

Bartlett, Lora. Migrant Teachers: How American Schools Import Labor. Cambridge: Presses universitaires de Harvard, 2014.

Toppo, Greg. « Objectives of charter schools with Turkish ties questioned », USA Today, 17 août 2010.