Teach and Learn Georgia (TLG) est un programme d’apprentissage de l’anglais lancé par le ministère de l’Education en 2010, dans le cadre de plusieurs réformes de l’éducation. A l’époque, le Président Mikhail Saakashvili s’était impliqué personnellement dans le lancement de ce programme, en faisant de l’enseignement obligatoire de l’anglais une priorité de sa « révolution éducative ». Les rapports du ministère précisent clairement que le TLG est destiné non seulement à améliorer les compétences linguistiques en anglais mais également à promouvoir plus largement le développement en permettant aux Géorgien(ne)s d’entrer en contact avec la culture et les valeurs occidentales.

Le programme invite des enseignant(e)s « bénévoles » dont l’anglais est la langue maternelle à venir enseigner leur langue dans les écoles géorgiennes et à introduire de nouvelles méthodologies et approches pédagogiques. Le programme TLG a connu un grand succès puisque, dès la première année de sa mise en œuvre, 1 000 enseignant(e)s bénévoles ont été recruté(e)s pour enseigner en Géorgie :

« Le TLG est en effet "une révolution linguistique" au vu des résultats obtenus en un an : sur les 4 200 professeur(e)s d’anglais locaux, près de 3 000 ont eu l’occasion d’interagir avec des anglophones de souche et de se familiariser avec les méthodes et techniques d’enseignement modernes. Près de 50 000 élèves du pays ont amélioré leur niveau d’anglais et plus de 1 500 familles et communautés ont accueilli chez elles des volontaires étranger(e)s, sans compter les nombreuses occasions de partager nos cultures et nos traditions respectives. »

Même s’ils/elles sont considéré(e)s comme des enseignant(e)s « bénévoles », le programme offre néanmoins le logement dans des familles d’accueil, ainsi qu’une assurance médicale. Il prend également en charge en charge les frais de déplacement, paie un retour en avion par an et propose une indemnité avoisinant les 300 USD par mois. Ce salaire est environ trois fois supérieur à ce que gagnent les enseignant(e)s dans les écoles publiques de Géorgie.  Bien que ces volontaires soient considéré(e)s comme des « enseignant(e)s », le programme n’exigent aucune expérience ou formation professionnelle dans l’enseignement.  Les seuls critères d’admission sont l’anglais comme langue maternelle, deux années d’études post-secondaires, un casier judiciaire vierge et aucun antécédent médical.  Et, en effet, les enseignant(e)s du TLG interviewé(e)s dans le cadre de ce projet n’avaient aucune expérience dans l’enseignement.  Ils/elles souhaitaient découvrir le monde, et le programme leur en donnait l’occasion.  Bien que le programme entend évaluer les progrès réalisés dans des domaines tels que la planification et la préparation des leçons, l’enseignement collaboratif, les méthodes pédagogiques, la gestion d’une classe, l’évaluation des résultats des élèves, le soutien de l’administration scolaire et les activités extra-scolaires, les enseignant(e)s ont indiqué que la surveillance et l’encadrement des initiatives pédagogiques étaient relativement limités.

« Teach and Learn Georgia est un bon programme et j’espère qu’il constituera un excellent investissement pour l’avenir de la Géorgie... Mais, en quelque sorte, c’est comme si vous achetiez une machine à café avant même d’installer la cuisine. Il y a tellement d’obstacles qui empêchent ces enseignant(e)s étranger(e)s d’accomplir leur travail correctement, et je me demande souvent si le gouvernement ne ferait pas mieux de se concentrer d’abord sur les besoins fondamentaux : acheter des manuels scolaires pour l’ensemble des élèves, former les enseignant(e)s aux techniques modernes (contrairement aux méthodes du type traduction-mémorisation que l’on utilise de manière systématique), offrir des salaires décents au personnel enseignant, , etc. »

--James Norton, enseignant TLG originaire des Etats-Unis

 

Pour en savoir plus