Le Département d’Etat américain assure la gestion d’un programme d’échange, composé de 15 catégories, dont l’une s’adresse aux enseignant(e)s.  Le programme organise chaque année des échanges interculturels pour des milliers de personnes à travers le monde, comme en témoignent les 1 208 visas délivrés aux enseignant(e)s en 2011.  Cette initiative diplomatique populaire lancée par le gouvernement est structurée de manière à pouvoir s’appuyer sur des promoteurs sélectionnés, chargés de recruter des participant(e)s et de les placer dans des écoles américaines.  Bien que la plupart des promoteurs officiels soient des écoles ou des directions de l’Education, certains sont des entreprises privées.  Historiquement, le sponsor qui a pourvu le plus de postes via ce programme d’échange est le VIF Education.   

Le VIF a été fondé en 1998 en tant que faculté internationale pour les séjours à l’étranger, pour permettre aux élèves d’étendre leurs connaissances des cultures de notre monde. Bien que le VIF soit au départ un programme d’échange linguistique pour enseignant(e)s, les administrateurs/trices ont commencé, durant une période de pénurie d’enseignant(e)s aux Etats-Unis, à se servir de l’agence pour combler les déficits dans les branches pour lesquelles il est difficile de trouver du personnel.  Suite à un remaniement du programme qui ne répondait plus aux attentes des enseignant(e)s, la satisfaction des participant(e)s s’est amenuisée, et le VIF a finalement décidé de recentrer la société sur ses activités fondamentales. 

Aujourd’hui, le VIF recrute exclusivement des effectifs parlant chinois et espagnol et considère les écoles comme des centres d’apprentissage mondiaux où le personnel enseignant international joue le rôle d’ambassadeur culturel auprès des écoles et des communautés du pays d’accueil. Le VIF s’implique aussi activement dans des initiatives multipartites en vue de développer un Code d’éthique américain pour le recrutement international du personnel enseignant. Plus de 700 enseignant(e)s du VIF, ancien(ne)s et actuel(le)s, ont répondu à l’enquête liée au rapport « Garantir des droits en matière de migration et de mobilité du personnel enseignant ». Plus de 90 % d’entre eux/elles ont déclaré que leur contrat leur semblait équitable et que le programme répondait ou était supérieur à leurs attentes.

Plus informations

Fricano, Mike. “Teachers from China overcome culture shock in the classroom.” UCLA Today, August 1, 2013. 

 

Teach and Learn Georgia (TLG) est un programme d’apprentissage de l’anglais lancé par le ministère de l’Education en 2010, dans le cadre de plusieurs réformes de l’éducation. A l’époque, le Président Mikhail Saakashvili s’était impliqué personnellement dans le lancement de ce programme, en faisant de l’enseignement obligatoire de l’anglais une priorité de sa « révolution éducative ». Les rapports du ministère précisent clairement que le TLG est destiné non seulement à améliorer les compétences linguistiques en anglais mais également à promouvoir plus largement le développement en permettant aux Géorgien(ne)s d’entrer en contact avec la culture et les valeurs occidentales.

Le programme invite des enseignant(e)s « bénévoles » dont l’anglais est la langue maternelle à venir enseigner leur langue dans les écoles géorgiennes et à introduire de nouvelles méthodologies et approches pédagogiques. Le programme TLG a connu un grand succès puisque, dès la première année de sa mise en œuvre, 1 000 enseignant(e)s bénévoles ont été recruté(e)s pour enseigner en Géorgie :

« Le TLG est en effet "une révolution linguistique" au vu des résultats obtenus en un an : sur les 4 200 professeur(e)s d’anglais locaux, près de 3 000 ont eu l’occasion d’interagir avec des anglophones de souche et de se familiariser avec les méthodes et techniques d’enseignement modernes. Près de 50 000 élèves du pays ont amélioré leur niveau d’anglais et plus de 1 500 familles et communautés ont accueilli chez elles des volontaires étranger(e)s, sans compter les nombreuses occasions de partager nos cultures et nos traditions respectives. »

Même s’ils/elles sont considéré(e)s comme des enseignant(e)s « bénévoles », le programme offre néanmoins le logement dans des familles d’accueil, ainsi qu’une assurance médicale. Il prend également en charge en charge les frais de déplacement, paie un retour en avion par an et propose une indemnité avoisinant les 300 USD par mois. Ce salaire est environ trois fois supérieur à ce que gagnent les enseignant(e)s dans les écoles publiques de Géorgie.  Bien que ces volontaires soient considéré(e)s comme des « enseignant(e)s », le programme n’exigent aucune expérience ou formation professionnelle dans l’enseignement.  Les seuls critères d’admission sont l’anglais comme langue maternelle, deux années d’études post-secondaires, un casier judiciaire vierge et aucun antécédent médical.  Et, en effet, les enseignant(e)s du TLG interviewé(e)s dans le cadre de ce projet n’avaient aucune expérience dans l’enseignement.  Ils/elles souhaitaient découvrir le monde, et le programme leur en donnait l’occasion.  Bien que le programme entend évaluer les progrès réalisés dans des domaines tels que la planification et la préparation des leçons, l’enseignement collaboratif, les méthodes pédagogiques, la gestion d’une classe, l’évaluation des résultats des élèves, le soutien de l’administration scolaire et les activités extra-scolaires, les enseignant(e)s ont indiqué que la surveillance et l’encadrement des initiatives pédagogiques étaient relativement limités.

« Teach and Learn Georgia est un bon programme et j’espère qu’il constituera un excellent investissement pour l’avenir de la Géorgie... Mais, en quelque sorte, c’est comme si vous achetiez une machine à café avant même d’installer la cuisine. Il y a tellement d’obstacles qui empêchent ces enseignant(e)s étranger(e)s d’accomplir leur travail correctement, et je me demande souvent si le gouvernement ne ferait pas mieux de se concentrer d’abord sur les besoins fondamentaux : acheter des manuels scolaires pour l’ensemble des élèves, former les enseignant(e)s aux techniques modernes (contrairement aux méthodes du type traduction-mémorisation que l’on utilise de manière systématique), offrir des salaires décents au personnel enseignant, , etc. »

--James Norton, enseignant TLG originaire des Etats-Unis

 

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Le ministère espagnol de l’Education, de la Culture et des Sports soutient un grand nombre de programmes offrant des postes d’enseignant(e)s à l’étranger dans des écoles publiques de pays partenaires, des écoles du gouvernement espagnol basées à l’étranger et des écoles européennes, afin de faciliter les échanges culturels entre différents pays. L’un d’entre eux, Profesores Visitantes (PPVV), est un programme créé en 1986 qui organisait, à l’origine, des échanges entre l’Espagne et l’Etat de Californie (Etats-Unis). Il est aujourd’hui le plus important programme à l’étranger financé par le ministère, facilitant des échanges entre enseignant(e)s du primaire et du secondaire dans 35 Etats américains, y compris le district de Colombie, ainsi qu’au Canada et en Allemagne.  Entre 2012 et 2013, plus de 1 000 enseignant(e)s espagnol(e)s ont travaillé dans des écoles publiques par l’entremise de ce programme. Les enseignant(e)s participant au programme peuvent enseigner toutes les matières et tous les niveaux entrant dans leurs compétences, depuis le préprimaire jusqu’à l’enseignement supérieur, sections sciences et mathématiques. Bien que la plupart des participant(e)s enseignent en anglais, plusieurs travaillent au sein des Académies espagnoles internationales, proposant des programmes bilingues développés conjointement par le ministère et les gouvernements partenaires, et où les cours sont dispensés à la fois en espagnol et en anglais.

Les enseignant(e)s espagnol(e)s travaillant aux Etats-Unis reçoivent un permis de travail de trois ans, prévu pour les échanges pédagogiques et interculturels. Ils/elles sont directement employé(e)s par l’établissement scolaire où ils/elles sont affecté(e)s et leurs conditions de travail sont, par conséquent, conformes aux accords de négociation collective, lorsqu’ils existent. Ils/elles peuvent s’affilier à un syndicat afin d’être représenté(e)s en cas de problème. A leur retour, les enseignant(e)s ayant réussi les examens d’Etat en Espagne ont leur emploi garanti dans le secteur où ils/elles enseignaient avant de quitter le pays. Ces garanties sont rassurantes non seulement pour le personnel enseignant mais également pour les responsables des établissements scolaires, qui apprécient d’avoir au sein de leurs équipes des effectifs possédant une expérience internationale, et dont les performances à l’étranger ont été concluantes. 

La concurrence est rude pour les admissions au programme Profesores Visitantes. Les candidat(e)s doivent avoir un minimum de trois ans d’expérience professionnelle dans l’enseignement, ainsi qu’une excellente connaissance de l’anglais. Le ministère procède tout d’abord à une sélection des candidat(e)s les plus qualifié(e)s et les compare ensuite au profil recherché. Durant la phase finale, des représentant(e)s de l’établissement recruteur du pays d’accueil viennent mener des entretiens avec les candidat(e)s en Espagne. Depuis plusieurs années, le programme compte en moyenne 1 500 candidatures par an, mais pour la période 2013-2014, ce nombre a littéralement explosé et a atteint les 8 000 postulant(e)s (selon un entretien mené en mai 2013 avec Rosa Rodriguez, Directrice des programmes internationaux, dans le cadre du rapport « Garantir des droits en matière de migration et de mobilité du personnel enseignant »). Cet intérêt nettement plus marqué pour le programme est en partie imputable à la crise économique qui sévit en Espagne, ayant eu pour conséquences le gel des salaires des enseignant(e)s depuis trois ans et bon nombre de licenciements. Quoi qu’il en soit, la demande d’enseignant(e)s espagnol(e)s aux Etats-Unis reste stable, soit de 300 à 400 enseignant(e)s par an. 

Références bibliographiques 

Ministère de l’Education, de la Culture et des Sports. Statistiques par type de programme. La Accíon Educativa en el Exterior, 2002-13. Madrid: Gouvernement d’Espagne

« Le programme Fullbright est une véritable aubaine pour celles et ceux qui souhaitent enseigner ou étudier à l’étranger pendant une année scolaire. En Géorgie, bien que nous travaillions dans les régions peu développées du pays, nous bénéficions d’un large soutien de la part de notre ambassade »

-- une personne interrogée participant au programme Fullbright

Le gouvernement américain a commencé à promouvoir et à financer les échanges internationaux au travers du Programme d’échange professionnel Fullbright peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, ce financement a progressivement diminué.  En 2012-2013, le programme a pourvu des postes dans cinq pays uniquement : la République tchèque, la Hongrie, l’Inde, le Mexique et le Royaume-Uni. 

Lorsqu’il fonctionnait pleinement, le programme Fullbright offrait des postes à temps plein au personnel enseignant comptant au moins cinq ans d’expérience dans l’enseignement, afin de participer à un échange direct de postes entre collègues d’autres pays pour une durée de six mois ou un an et échanger à la fois les attributions et les activités pédagogiques. Les effectifs américains bénéficiaient d’un congé sans perte d’avantages ou de salaire et  percevaient des indemnités complémentaires pour couvrir leurs dépenses durant leur séjour, ainsi qu’une modeste allocation pour les personnes à charge.   Pour leur part, les enseignant(e)s étranger(e)s étaient généralement payé(e)s par l’école du pays d’origine, remplaçaient leurs homologues aux Etats-Unis sans occasionner de frais supplémentaires pour l’école d’accueil et percevaient des allocations moins élevées.

Le programme Fullbright est largement réputé pour sa haute qualité, et le nombre de candidatures est toujours supérieur aux bourses disponibles.  Les participant(e)s au programme étaient soigneusement sélectionné(e)s parmi un contingent de candidat(e)s internationaux/ales.  Les enseignant(e)s sélectionné(e)s devaient assister à une réunion préparatoire d’un jour et participer durant une semaine à des séances d’orientation avant leur départ.  Une fois à l’étranger, ils/elles étaient encadré(e)s par l’agence de coopération internationale et par un(e) accompagnateur/trice travaillant dans l’école sélectionnée.  Dans le cadre du programme, il leur était possible de suivre une ou plusieurs séances d’orientation et, dans certains cas, des ateliers au milieu de l’année. 

A leur retour, les participant(e)s ont de nombreuses opportunités de rester en contact avec le programme et les 300 000 élèves Fullbright à travers le monde.  L’occasion leur était également offerte de partager leur expérience à l’étranger avec des collègues, soit en ligne, soit via l’Association Fullbright, une organisation indépendante, privée et sans but lucratif, comptant 58 sections locales. 

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Jules Verne est un programme d’échange soutenu par le ministère français de l’Education.  Ouvert aux enseignant(e)s français(e)s possédant toutes les certifications requises pour enseigner dans le primaire et le secondaire, et souhaitant vivre et enseigner à l’étranger pour une période allant de un an à deux ans, ce programme leur permet de s’immerger dans la culture, la langue et la civilisation du pays hôte. Son objectif est de favoriser les échanges professionnels entre les écoles françaises et étrangères, en vue de consolider leurs relations culturelles et internationales. 

Le ministère français de l’Education et le pays partenaire signent un accord de détachement temporaire, en vertu duquel le pays d’accueil précise l’établissement scolaire où sera affecté(e) l’enseignant(e), en concertation avec l’autorité éducative française locale et la personne concernée. Les obligations de travail de l’enseignant(e) et le droit aux congés sont définis par le pays d’accueil. Les enseignant(e)s du primaire doivent posséder les certifications pour enseigner dans l’enseignement primaire général, les enseignant(e)s du secondaire les certifications pour enseigner une matière parmi celles proposées, notamment (sans s’y limiter) langue et littérature française, histoire, géographie, mathématiques et sciences. Chaque participant(e) doit avoir une excellente connaissance de l’anglais écrit et parlé. Les frais de déplacement, y compris un billet retour pendant les congés, sont pris en charge soit par l’autorité éducative française, soit par le pays d’accueil. Les enseignant(e)s continuent à percevoir leur salaire ordinaire, assorti de tous les avantages liés à leur profession et à leurs qualifications, et conservent en outre leur poste au sein de l’école où ils/elles travaillaient avant leur départ.

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