Les programmes d’échange proposant des opportunités de développement professionnel rigoureuses et pertinentes représentent sans conteste le moyen le plus efficace d’élever le statut de la profession enseignante.

L’investissement public dans les programmes d’échange de haute qualité destinés au personnel enseignant se fait rare et ne cesse de diminuer. Le financement de programmes existant de longue date a été suspendu aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et plusieurs pays craignent de nouvelles réductions budgétaires en raison des politiques d’austérité. Le programme d’échange mené par un syndicat entre la Nouvelle-Galles du Sud en Australie et d’autres pays représente un bel exemple de l’engagement d’un syndicat proactif, cherchant à offrir des possibilités d’échanges professionnels à ses membres. Toutefois, ces efforts ne doivent pas se substituer à l’investissement du gouvernement dans les programmes d’échange internationaux s’adressant à la communauté enseignante.

Caractéristiques du modèle migratoire dans le cadre de l’échange professionnel

  • Les enseignant(e)s ont l’occasion de découvrir de nouvelles méthodes pédagogiques et des programmes scolaires différents. 
  • Les élèves bénéficient des compétences pédagogiques acquises par les enseignant(e)s au cours de leur expérience professionnelle dans différents milieux éducatifs et de leur vision plus large du monde.
  • Les systèmes d’éducation et les directions scolaires tirent des enseignements de la diversité internationale apportée par les enseignant(e)s et bénéficient de leur connaissance des bonnes pratiques en matière d’enseignement, appliquées au niveau mondial.

Les programmes d’échange professionnel de la plus haute qualité permettent aux enseignant(e)s internationaux/ales de travailler en collaboration avec leurs homologues du pays d’accueil et d’enseigner aux élèves du pays. Cette approche leur offre l’occasion de s’immerger complètement dans un environnement éducatif différent et de renforcer au maximum l’impact sur leur pratique professionnelle. D’une durée limitée, ces initiatives permettent non seulement de concevoir des programmes scolaires adaptés aux attentes des participants, en vue d’élargir leurs compétences pédagogiques, mais également de garantir au gouvernement du pays d’origine qu’il pourra récolter le fruit de cet échange à leur retour. Par ailleurs, une bonne connaissance des conditions contractuelles et des attentes du pays hôte permet au personnel enseignant de se protéger contre toute manipulation et de planifier à la fois vie privée et carrière professionnelle.

La sélection rigoureuse des candidat(e)s en fonction de leurs qualifications constitue une étape essentielle des programmes d’échange professionnel. Les programmes de haute qualité exigent de la part des participant(e)s un minimum d’années de service ou une preuve de leurs compétences en matière d’enseignement. 

Les programmes d’échange professionnel les mieux cotés sont souvent ceux organisés par les gouvernements et pour lesquels les pays participants signent des accords officiels, parfois réciproques. Ces programmes sont le plus souvent financés par des fonds publics et le partenariat direct entre les systèmes éducatifs permet de limiter les dépenses globales. Les accords bilatéraux entre gouvernements permettent le plus souvent de garantir :

  • La sécurité : le soutien du gouvernement est généralement perçu comme un gage de protection des enseignant(e)s et de leurs droits
  • La qualité : le soutien du gouvernement assure la légitimité des programmes aux yeux des enseignant(e)s. 
  • Préservation des droits au retour de l’étranger : les années de services à l’étranger sont prises en compte et, à leur retour, les enseignant(e)s conservent leurs avantages liés aux augmentations salariales et au calcul des pensions.

Malheureusement, les mesures d’austérité récemment mises en place menacent bon nombre de programmes de haute qualité. Au moins deux pays – le Royaume-Uni (programme d’échange du British Council) et les Etats-Unis (programme Fullbright) – ont suspendu le financement de leurs programmes.

Principales conclusions de l’enquête

En grande majorité, la communauté enseignante se montre satisfaite des programmes d’échange professionnel, soulignant qu’une expérience de travail à l’étranger contribue autant à l’épanouissement individuel qu’au renforcement de la motivation professionnelle. L’occasion de participer à un programme d’échange peut également encourager les éléments les plus compétents à poursuivre leur carrière dans l’enseignement. Certain(e)s enseignant(e)s déclarent avoir eu le sentiment de franchir une étape cruciale de leur carrière. Ce nouveau défi professionnel a ravivé leur passion pour l’enseignement. 

« J’avais besoin d’un changement dans ma carrière.  Soit je progressais, soit je quittais la profession. »

– une personne interrogée au Royaume-Uni ayant participé à un programme aux Etats-Unis.

A leur retour, les enseignant(e)s ayant travaillé à l’étranger déclarent qu’ils/elles associent les meilleures méthodes appliquées dans le pays d’accueil aux pratiques les plus efficaces utilisées dans leur pays, afin d’améliorer leurs propres méthodes pédagogiques.

« Mon expérience en tant qu’enseignant à l’étranger m’a permis d’engager une réflexion et un apprentissage continu. J’ai surtout appris à voir le monde tel un kaléidoscope, où les visions et les agissements de chaque société ne sont jamais statiques, mais toujours en mouvement. »

– une personne interrogée d’origine espagnole ayant enseigné au Royaume-Uni, en Egypte et en Jordanie.