Au total, 64 % des enseignant(e)s ayant participé à l’enquête « Garantir des droits en matière de migration et de mobilité du personnel enseignant » ont recouru aux services d’une agence privée pour obtenir un poste à l’étranger. Plus important, 80 % des personnes interrogées indiquent qu’elles recommanderaient l’agence avec laquelle elles ont traité, tandis que seules 20 % d’entre elles ne s’y risqueraient pas ou, du moins, hésiteraient à le faire. 170 enseignant(e)s au total déclarent avoir un avis partagé, voire négatif, concernant leur recruteur. En particulier, dans leurs réponses aux questions ouvertes, ces enseignant(e)s ont rapporté de graves problèmes concernant le harcèlement, le manque de transparence, les frais excessifs, les pratiques frauduleuses ou illégales, y compris le trafic d’êtres humains. En outre, les enseignant(e)s qui déclarent avoir vécu une expérience négative en matière de recrutement proviennent le plus souvent de pays à faible revenu, soit 57 % des personnes ayant un avis partagé ou négatif sur leur recruteur – alors qu’ils représentent seulement 36 % du nombre total des personnes interrogées.

Près de 25 % des participant(e)s à l’enquête ont versé de l’argent pour obtenir un poste à l’étranger et un pourcentage quasi identique déclare avoir dû contracter un emprunt pour couvrir les frais engagés dans la procédure de recrutement. 693 personnes ont fourni des informations précises concernant les montants initiaux dont elles ont dû s’acquitter, notamment pour les frais médicaux, les déplacements, les permis de travail et les évaluations, outre les frais de recrutement. Parmi les enseignant(e)s ayant payé des frais de recrutement, 80 % indiquent que la somme initiale était inférieure à 5 000 dollars US, tandis que 20 % déclarent avoir payé davantage – le plus souvent, un montant compris entre 10 000 et 20 000 dollars US, voire des sommes plus importantes encore, susceptibles de conduire à une servitude pour dettes.

Parmi les enseignant(e)s ayant recouru aux services d’un recruteur, 80 % ont été invité(e)s à signer un contrat d’embauche. Plus de 80 % des personnes ayant signé un contrat d’embauche ont indiqué que les conditions générales leur semblaient claires et équitables. Toutefois, près de la moitié d’entre elles (47 %) s’exposaient à des sanctions financières en cas de résiliation anticipée de leur contrat.

Près d’une personne interrogée sur cinq (18 %) estime que le contrat d’embauche n’était pas équitable. Sur ces 18 %, près de la moitié proviennent de pays à faible revenu et 47 % des Philippines. Le personnel enseignant issu de pays à revenu faible-intermédiaire forme la majorité des personnes estimant que leur contrat était inéquitable, tandis que les enseignant(e)s ressortissant de pays à revenu intermédiaire ou supérieur ou à revenu élevé sont sous-représenté(e)s.